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    Théoriquement, le titre de « jus de pomme » n’est réservé qu’au produit extrait de fruits sains, frais et mûrs.
    Dans le commerce, le jus de pomme ne doit contenir ni sucre surajouté, ni édulcorant, ni conservateur, ni colorant, ni arôme synthétique. (Il ne doit pas avoir de gaz, ni de bulle à l’ouverture du couvercle). Ces notions sont normalement figurées sur l’étiquette. La bouteille porte d’autre part la date de péremption et l’adresse du producteur.
    Une marque qui ne respecte pas ses règlements en vigueur doit être considérée comme suspecte. Il convient donc de lire attentivement l’étiquette avant de l’acheter.
    L’idéal serait de faire soi-même le jus. Mais ce n’est pas facile avec des pommes quand on ne dispose pas d’un appareil adapté. L’opération demande d’ailleurs pas mal de temps, sans parler des pièces accessoires à laver et à nettoyer. Mais le jus que l’on prépare soi-même est sublime, d’un goût exquis, rien de comparable au jus provenant de l’industrie agro-alimentaire.
    En général, le jus vendu dans le commerce est concentré, tout comme l’est la pomme séchée dont le taux des composants est plus que doublé. Certains jus renfermant 1° d’alcool ne doivent pas être servis aux enfants. Ce type de boisson est excessivement riche en sucres, elle ne désaltère nullement. Il convient donc de le boire coupé à l’eau.
    Il ne faut pas non plus confondre « soda » et « jus de pomme ». Le soda (ou coca) est un breuvage artificiel fait de sucre, de gaz carbonique, de parfums synthétiques, de colorants... Dans certains sodas, on trouve même des extraits de coca, de cola, de caféine, d’édulcorants..., jusque dans les marques qualifiées de « légères » (light).
    Ces breuvages factices ne désaltèrent pas non plus, sans parler des substances nocives qu’ils renferment. Un exemple : le célébrissime Coca-Cola a été si critiqué aux Etats-Unis, à cause de sa teneur en caféine..., que son usine a dû produire des marques dites « légères » destinées aux protestataires.
    Une autre remarque encore. Des sirops vendus sous le nom de « nectar de pomme » sont de simples solutions concentrées de sucre, maquillées de colorant, de gélifiant et de parfums synthétiques. On n’y trouve même pas le jus d’une pomme...
    Les progrès techniques réalisées dans la pasteurisation et le conditionnement du jus de pomme respectent en général ses vitamines et ses composants phénoliques. Ce qui en fait une boisson saine et énergétique.
    On le recommande aux enfants, aux sportifs, aux convalescents..., à condition de couper à l’eau le jus vendu en bouteille dont la concentration est souvent doublée. Ce qui est tout à fait courant.
    A titre comparatif, le jus de pomme frais naturel contient 7 g par litre de sucre, 14 g / litre pour un jus conditionné.
    Par contre on absorbe jusqu’à 98 g / litre pour le Coca-Cola, voire plus de 100 g pour certains « tonics ».

    Le jus de pomme : une boisson énergétique et salutaire !!

    COMPOSITION MOYENNE D’UN JUS DE POMME NATUREL

    EAU 86 %
    Cette eau s’avère particulièrement diurétique étant donné sa synergie avec les acides organiques et le magnésium.

    SUCRES 7 %
    Les Romains conservaient le jus de pomme en le chauffant au feu doux. Après l’évaporation et la concentration du sucre, le jus reposait dans des amphores sans pied obturées et gardées au frais. Le chauffage éliminait les levures, tandis que le sucre jouait le rôle de conservateur. Un tel procédé permettait une conservation ne dépassant guère une dizaine de jours.
    Il s’agit surtout de sucres simples (fructose, glucose...). Les pulpes mûres fournissent plus de sucres.
    Le jus trouvé dans le commerce renferme en moyenne 14 % de sucres.

    FIBRES 0,3 à 2 %
    Le jus de coing en contient 3 fois plus à l’état naturel. C’est un excellent remède contre la diarrhée.
    Ces fibres se composent en majeure partie d’hémicellulose mélangée au gragments de cellulose. Les jus naturels, tout comme les jus enrichis de pulpe en contiennent en quantité appréciable. Ce qui leur donne une apparence trouble. Les jus industriels sont rendus limpides grâce au filtrage. Sur le plan diététique, un jus dont l’hémicellulose reste intacte est de loin préférable.

    PECTINE 0,01 à 0,2 %
    Les pectines sont des réseaux de sucres simples (glucose) associés aux celluloses et aux hémicelluloses. Ces agrégats se concentrent au niveau de la pelure.
    Au sein de la pectine, les molécules de glucose s’enchaînent par le biais des boulons qui sont des atomes d’oxygène. Le réseau est en outre consolidé par des molécules d’acides (COOH) combinées à 1 carbone plus 3 hydrogènes (CH3 ou ion de méthyl). Ce système réalise une force d’adsorption efficace servant à piéger les toxines et les déchets.
    La fonction antitoxique de la pectine est remarquable au cours de la digestion. Ces molécules gélifiantes fixent en effet les polluants qui sont souvent des métaux lourds provenant des traces de pesticides, désherbants ou engrais chimiques ayant plus ou moins contaminé nos aliments.
    De tous les médicaments connus, la pectine est parmi les plus efficaces pour faire baisser le taux du cholestérol sanguin. Elle agit probablement en synergie avec certains acides organiques et enzymes dont les esterases, polygalacturonase...
    En fait, pour l’organisme, boire un jus de pomme limpide parfaitement purifié présente moins d’avantage diététique qu’un jus frais apparemment trouble riche en hémicellulose et en pectine.

    LIPIDES 0,3 %
    Le peu d’acides gras présent vient souvent des pépins écrasés. Ce breuvage salutaire est conseillé aux diabétiques et aux personnes qui ont un taux de cholestérols trop élevé, à condition de ne pas en abuser à cause de sa richesse en sucre. La dose raisonnable ne dépasse pas un demi verre par repas.
    Les acides gras insaturés, le sélénium, le bêta-carotène, la vitamine C... protègent les délicates membranes externes et internes des cellules de la brûlure causée par des radicaux libres.

    PROTEINES 0,2 %
    Le jus de pomme convient parfaitement aux urémiques et aux insuffisants rénaux. Le peu de protéine de la pulpe se présente sous forme d’acides aminés, voire des acides aminés rares.

    SELS MINERAUX
    Apport très faible en sodium. Dans l’ensemble, les substances minérales sont aussi nombreuses que variées. Ils exercent un effet alcalinisant qui protège notre milieu intérieur de l’acidose en cas de stress physique et psycho-émotionnel.
    Le jus de pomme apporte par contre une ration intéressante en phosphore, potassium, magnésium, calcium... plus des oligo-éléments (fer, cuivre, manganèse... ).
    Evidemment le taux de ces éléments est plus élevé dans le jus concentré et dans les pommes séchées. Après le lait, c’est le jus de pomme qui nous fournit le plus de calcium ionique.

    VITAMINES
    Même remarque que pour les sels minéraux.
    Les pommes rouges synthétisent plus d’anthocyanes et des caroténoïdes qui sont des provitamines A.
    Parmi les vitamines hydrosolubles, on distingue celles du groupe B, la vitamine C et l’acide citrique. Ce dernier sert aussi de transporteur d’électron à nos enzymes.

    ACIDES ORGANIQUES
    Les acides les plus communs sont les acides maliques, tanniques, caproïques, benzoïques, carboxyliques, terpéniques tartriques... Dans l’ensemble, ces molécules contribuent au fruité de la pulpe. Elles ouvrent l’appétit, stimulent la sécrétion des enzymes et des hormones du tube digestif, activent la circulation biliaire.
    Nous savons que, pour chacun des ces acides, il existe un jumeau qui est son image inversée renvoyée par le miroir.

     FLAVONOIDES
    Les substances phénoliques et tanniques confèrent au jus sa saveur et sa couleur. A l’air libre, un jus frais brunit en une dizaine de minutes. Un jus astringent est plus riche en flavones et en dérivés tanniques.
    Nous connaissons l’importance biologique de ces micronutriments. A la rigueur, un jus trop filtré, trop limpide, s’appauvrit presque complètement de sa richesse en polyphénols et en flavonoïdes. Un jus frais naturel se caractérise par sa turbidité traduisant justement son contenu en flavones et en hémicelluloses qui font sa valeur nutritionnelle.

    VALEUR ENERGETIQUE 150 calories par verre de jus.

     

    Extrait de :

    Pomme culture cuisine

     POMME DE REINETTE ET POMME D’API  

     Histoire - Tradition - Culture - Botanique - Phytochimie Biologie - Diététique de la pomme  

    Collectif : Dr Tran Ky - Dr Jean-Michel Guilbert et Pr Michèle Didou-Manent 

     15 x 21 cm - 216 pages - Illustrations N/B et couleur

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    Utiles aux hommes et aux bêtes.
    Les mares étaient alimentées par les eaux des ruisseaux d’une propreté douteuse. De plus, les bestiaux qui, par une pente douce aménagée à cet effet, venaient s’y désaltérer, non seulement remuaient la vase mais surtout prenaient toutes leurs aises. C’est dire que la pureté et la limpidité des eaux de mare laissaient largement à désirer.
    Et pourtant, qui des gens d’un « certain âge », n’a jamais entendu dire que la meilleure eau pour faire du cidre (la piquette, s’entend) est l’eau de mare. Voilà, certes, une opinion discutable mais généralement admise.

    Ne faut-il pas penser à ce sujet que nos pères savaient se contenter de ce qu’ils avaient, nécessité faisant foi ?
    N’empêche que ces mares avaient un grand charme et qu’elles étaient très utiles, sinon nécessaires.
    Tout d’abord, ce sont de gigantesques miroirs dans lesquels le ciel et les grands arbres se reflètent. Y faire des ricochets avec des cailloux plats, c’est, quand on est jeune, diablement amusant. On compte les bonds : Père, Mère, Frère, Sœur... On va rarement plus loin.
    En bonne saison, les hirondelles rasent l’eau dormante, décimant les nuées de moucherons. Là-bas, au « puchot » (endroit aménagé sur la berge d’une mare pour y puiser l’eau commodément), les cultivateurs, de leur écope longuement emmanchée, remplissent une tonne à eau que leur cheval traînera jusqu’à la « pâture » ou attendent les vaches assoiffées. Tout le long du jour, les canards de basse-cour et les cols-verts escortés de fulgurants « lirots » (canardeaux), glissent rapidement autour des oies majestueuses et lentes.
    Par les calmes soirées printanières, un concert de croassements s’élève des berges herbeuses. C’est présage de beau temps, dit-on.
    En plein cœur d’hiver, tous ces occupants emplumés et palmés cèdent la place aux élèves de l’école communale. Ces mares deviennent en effet des patinoires superbes, fort fréquentées par tous les gamins et même les jeunes gens du village. J’entends encore le crissement d’un clou à galoche mal planté, creusant une longue raie sur la glace. Je revois le camarade maladroit terminant sa glissade sur son postérieur. Des cris de joie fusent...
    Elles étaient très utiles ces mares, disions-nous. En effet, les bestiaux s’y abreuvaient et surtout, elles étaient les seuls réservoirs d’eau où l’on pouvait puiser pour combattre les incendies.

    Charles Lecat

    Les mares de nos villages

    Dire que les mares ont une histoire, ce n’est pas un démenti. J’en ai connu deux . L’une qui est située au sud ouest à quelques pas de la Vierge Marie, et au bas de la route qui mène à Rumigny, existe toujours. Elle se remplit par l’écoulement des eaux pluviales. En jouant nous dévions cette eau en faisant des petits barrages avec de la boue, des feuilles, des brindilles, tout ce que l’eau ramasse sur son passage.
    Dans cette mare, nous observons et nous assistons journellement à la métamorphose des amphibiens.
    Ses abords nous sont bien connus. Nous savons où la grenouille a laissé ses œufs.
    Après son éclosion, le corps et la tête de la larve ne font qu’un, en distinguant une queue transparente. Entre le corps et la queue apparaissent deux petites pattes, ce sont les pattes postérieures. Le corps se transforme, la tête se devine avec ses gros yeux, tandis que la queue disparaît. Puis les deux pattes de devant font leur apparition.
    Le têtard est devenu une grenouille.
    Dans la main, il est visqueux et doux au toucher.

    Les parents d’un copain ont récupéré un des réservoirs qu’un avion a largué au-dessus du bois de sapins. Témoin d’une guerre.
    Nous pouvons nous en servir comme moyen de navigation sur la mare.
    On flotte à condition de boucher les trous dans la tôle avec du mastic. Le rebouchage n’est pas très efficace, qu’importe nous sommes inconscients et intrépides.

    En dessinant quelques lieux du village, je n’ai pas oublié cette mare clôturée et grillagée, protégeant son cygne et autres palmipèdes. Je l’ai signé « villégiature ».

    L’autre mare, située au sud est plus grande.
    Lors des hivers rigoureux, nous la transformons en patinoire, pour y faire des glissades avec nos galoches cloutées et en culotte courte.
    Un jour, la glace est fragilisée, elle se fend au passage d’un copain. Le voilà dans l’eau glacée jusqu’au cou. Par chance le facteur sur son vélo, passe à ce moment là, il le sort de l’eau et lui évite la noyade.

    Daniel Poncet

     Extrait de :

     Sains en Amiénois 

     SAINS-EN-AMIENOIS
     AVANT LE CERTIF.
     Daniel Poncet

     14.5 x 20.5 cm - 84 pages Photos, cartes postales anciennes et dessins N/B

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    DIVISION DES INSTRUMENTS AGRICOLES. — On divise les instruments et les machines agricoles en deux groupes : en instruments d’extérieur de ferme, comme la charrue, et en instruments d’intérieur de ferme, comme le coupe-racines.

    INSTRUMENTS D’EXTÉRIEUR DE FERME
    LA BÊCHE ET LA CHARRUE.— La bêche et la charrue servent à ameublir la terre et à la retourner en bandes d’une épaisseur de 0 m 18 à 0 m 20. Tout le monde connaît la bêche : elle est composée d’un manche et d’une lame aciérée de forme rectangulaire. La charrue ordinaire se compose de différentes parties : 1° Le coutre ou couteau D, placé en avant, a pour fonction de trancher la terre verticalement ; 2° Le soc A, sorte de coin triangulaire en fer, tranche la terre horizontalement et la soulève. Le sep ou talon E fait suite au soc et glisse au fond du sillon ; 3° Le versoir ou oreille B retourne la terre coupée par le coutre et soulevée par le soc ; il la rejette de côté pour ouvrir le sillon. Il y a des charrues qui ont deux versoirs. 4° L’age ou flèche C est une pièce de bois ou de fer à laquelle sont fixées toutes les autres parties de la charrue. Le point d’attache pour l’attelage se trouve en F à l’une des extrémités de l’age ; à l’autre extrémité sont fixés les deux mancherons G sur lesquels le laboureur appuie pour guider la charrue. Certaines charrues n’ont qu’un mancheron ; 5° Le régulateur H sert à régler le degré « d’entrure » du soc.
    Si, à l’aide du régulateur, on élève l’age, la pointe du soc s’enfonce moins et le labour est superficiel ; si au contraire on abaisse l’age, le soc s’enfonce davantage et le labour est profond.
    6° L’avant-train I est formé de deux roues reliées par un essieu. Il y a des charrues qui n’ont pas de roues : on les nomme araires.
    La charrue Brabant-double se compose de deux corps de charrue et tournant autour de l’age commun G. Chaque corps de charrue comprend un coutre A, un soc B et un versoir C. Cette disposition de l’instrument permet de renverser la terre toujours du même côté, ce qu’on ne peut obtenir avec une charrue ordinaire. Pour cela, il suffit que le laboureur, lorsqu’il a terminé une raie, retourne le corps de la charrue.

     

    Instruments et machines agricoles d'autrefois


    EMPLOI DE LA CHARRUE. — Il ne faut jamais, labourer, surtout en sol argileux, lorsque la terre est trop humide. La profondeur des labours est en moyenne de 15 à 20 centimètres ; mais cette profondeur doit varier avec la nature du sol et avec les exigences des plantes. Lorsque les labours sont peu profonds, les racines des plantes sont exposées à souffrir des intempéries : à la suite de grandes pluies, elles sont noyées ; par la sécheresse, elles sont comme emprisonnées dans la terre qui se durcit. Les labours exécutés à une profondeur de 25 à 30 centimètres sont, en général, excellents : les racines des plantes, y pénétrant profondément, ont moins à redouter les excès d’humidité ou de sécheresse. Cependant, il ne faut user des labours profonds qu’avec une grande prudence. Si, en effet, une terre n’a été labourée antérieurement jusqu’à une profondeur de 12 à 15 centimètres et si, surtout, le sous-sol est rouge ou ferrugineux, ce n’est que progressivement qu’il faut approfondir les labours, sinon la terre nouvellement remuée et encore mal aérée nuirait à la fertilité du sol. Avec le brabant-double, dont on fait sauter provisoirement l’un des versoirs, on peut approfondir la raie sans ramener la terre à la surface du sol. On réalise ainsi, et avec économie, à peu près tous les avantages des labours profonds.

     

    Extrait de :

     La nature hier et aujourd'hui MÉMENTO D'UN PAYSAN D'AUTREFOIS


     
    Henri Raquet

      14.5 x 21 cm - 166 pages

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    Le terrain qu’on annexe aux maisons d’école est destiné à devenir surtout un jardin potager-fruitier. L’instituteur doit d’abord préférer l’utile à l’agréable. Il cultivera des légumes pour la consommation de son ménage et il élèvera des arbres fruitiers pour se servir de leurs produits et pour démontrer aux populations au milieu desquelles il vit les avantages qu’on recueille en faisant de bons choix dans les espèces fruitières et en dirigeant avec soin et intelligence les arbres qu’on plante dans son jardin. L’horticulture ainsi pratiquée comprend deux divisions principales : la culture maraîchère et l’arboriculture.

     

    JARDIN FRUITIER :

    Le jardin fruitier d’un instituteur ne consiste guère que dans les arbres qu’il peut planter autour de ses carrés à légumes et dans ceux avec lesquels il tapisse les quelques murs dont il dispose. Très peu d’instituteurs ont un terrain assez étendu pour pouvoir se faire un verger distinct du jardin potager. Nous raisonnerons donc dans cette hypothèse qui est la situation à peu près générale de nos maisons d’école. Nous avons dit, dans un chapitre précédent, qu’un instituteur ne peut pas songer avec ses seules ressources, à entretenir un potager-fruitier qui ait plus de 7 ares. Dans notre raisonnement nous prendrons la moyenne, 5 ares qui présente une bonne grandeur. Ceux des maîtres qui disposeraient d’un terrain de 8 ou 40 ares devraient consacrer une partie de leur enclos à se faire un verger plus ou moins grand suivant l’étendue qu’ils donneraient à leur potager. Dans ce cas, ils planteraient des arbres à haute tige, en ayant soin de ménager assez d’espace entre leurs sujets pour pouvoir utiliser le sol du verger en plantant des légumes de grande culture, ou en semant des graines pour les besoins de leur ménage. Ce qu’il importe donc pour les fonctionnaires dont nous nous occupons, c’est de traiter surtout la question du jardin potager-fruitier. Lorsqu’on possède un enclos assez vaste, il faut toujours s’arranger de manière à faire ses carrés de 80 centiares au moins et d’un are au plus d’étendue, que l’on dispose d’après le mode suivant pour ses plantations d’arbres fruitiers. A chaque angle des carrés on plantera une pyramide et entre chaque pyramide et à égale distance les uns des autres on mettra trois fuseaux; puis on garnira les plates-bandes extérieures d’un nombre indéterminé de pommiers disposés en cordons continus. Si les carrés sont plus longs que larges, on mettra sur chacun des côtés autant de fuseaux ou colonnes qu’il pourra en contenir, en ayant soin de laisser entre chacun d’eux un espace de 2 mètres. Beaucoup de personnes préfèrent les pyramides aux espaliers ; parce qu’elles prétendent que les premières exigent moins de temps et moins de soins que les seconds. A ces raisons qui nous paraissent peu concluantes, nous en ajouterons une autre qui a certainement beaucoup plus de valeur quand on s’occupe du jardin fruitier d’un instituteur et qui justifie la recommandation que nous faisons de garnir surtout les jardins de pyramides et de fuseaux : c’est que les espaliers nécessitent un emploi considérable de bois pour soutenir leurs branches et leurs rameaux et le renouvellement incessant de ces bois et des palissades devient assez onéreux à la longue pour qu’on cherche à s’affranchir de la dépense qu’il occasionne. Les arbres élevés en pyramides et en fuseaux ne présentent pas le même inconvénient. Cependant, tout en conseillant ces deux derniers modèles d’arbres fruitiers, nous recommanderons encore aux instituteurs d’élever des espaliers le long des murs afin de se conserver au courant des bonnes méthodes sur la taille et la direction des arbres fruitiers quelle que soit leur forme. La planche suivante est applicable à un jardin potager-fruitier de 5 ares d’étendue.
     

    Le jardin de l'instituteur : Le jardin fruitier


    Un jardin ainsi disposé contiendra huit arbres à plein vent, situés au nord, 16 pyramides, 48 fuseaux ou colonnes, un nombre indéterminé d’espaliers et des cordons de pommiers dans les trois plates-bandes extérieures. Le sol des plates-bandes dans lesquelles on veut mettre des arbres fruitiers doit être profondément défoncé, drainé s’il est marécageux ; mais s’il n’est qu’humide on l’assainira au moyen d’une couche de 0 m20 de décombres de maisons, de platras qu’on mettra au fond de ses défoncements : de plus il devra être convenablement amendé. Les murs les mieux exposés, si on en a une certaine étendue seront garnis d’espaliers. Ces espaliers ne se composeront que d’arbres à belles tiges pris parmi ceux dont les fruits ont besoin de beaucoup de chaleur pour acquérir toute leur beauté, leur grosseur et leur parfum, tels que les pêchers, les abricotiers, les pruniers de reine-claude, quelques cerisiers et les poiriers de bon-chrétien d’hiver. Mais l’arbre auquel l’espalier le long des murs est surtout nécessaire, sous notre climat, c’est le pêcher. Si les murs sont assez élevés, on pourra faire courir, au-dessus de ses espaliers, un cordon de vigne. Quand le jardin est d’une grandeur convenable, il est toujours bon d’en réserver une partie pour en faire une petite pépinière. C’est le moyen de n’être jamais trompé sur l’espèce des fruits qu’on veut planter. On conçoit facilement qu’avec des ressources aussi limitées en terrain que le sont généralement celles des instituteurs, ceux-ci ne doivent s’attacher pour les planter qu’aux espèces les meilleures et les plus productives. Leur soin principal est donc, quand ils plantent, de faire un bon choix parmi les fruits d’été, d’automne et d’hiver.

    Nous indiquerons donc, dans un tableau spécial, à la fin de ce chapitre, les espèces d’arbres fruitiers qu’il convient plus particulièrement de cultiver dans les jardins fruitiers des maisons d’école et du plus grand nombre des jardins des habitants des communes rurales. Nous diviserons ce chapitre en trois parties : la Multiplication, la Plantation et la Taille.

     

    Extrait de : 

    Cuisine & Jardins

      LE JARDIN DE L'INSTITUTEUR

      Jules Bidault

      14.8 x 21 cm - 148 pages - Illustrations

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    Le sarclage est une des opérations les plus importantes, mais aussi les plus négligées dans le potager ; il consiste à enlever les mauvaises herbes des semis, à la main, lorsque ceux-ci, faits à la volée, sont très jeunes et très serrés, et avec le sarcloir lorsqu’ils ont été faits en lignes.

    En principe, il ne doit jamais exister de mauvaises herbes ni de plantes étrangères dans les semis destinés au repiquage, ni dans les plantes ensemencées à la volée ou en lignes. Les mauvaises herbes sont toujours beaucoup plus vigoureuses que les plantes cultivées ; de plus, elles poussent en quantité prodigieuse, par conséquent elles vivent au détriment des plantes cultivées, non seulement en absorbant l’engrais qui leur était destiné, mais encore en les étouffant avec leurs feuilles et leurs racines.
    Dès que les semis sont bien levés et que les mauvaises herbes apparaissent, on fait un premier sarclage à la main, c’est-à-dire que l’on arrache une à une les mauvaises herbes. Il faut bien se garder de les laisser devenir plus fortes que les plantes semées, sous prétexte que l’herbe est trop petite ou qu’il fait trop sec.
    On tient le sarcloir de la main droite ; avec la pointe on pénètre très avant dans les lignes pour éclaircir les parties trop drues, et avec les côtés on tranche rapidement, entre deux terres, les racines des herbes placées entre les lignes, pendant que la main gauche enlève les herbes coupées, et arrache celles qui ont échappé au sarcloir.
    Il y a avantage à détruire les mauvaises herbes, et éclaircir avec le sarcloir : le binage, opéré très superficiellement avec cet instrument, ameublit la terre, la rend perméable et rechausse les plantes. Il est bien rare de donner un troisième sarclage quand les deux premiers ont été bien exécutés, et surtout faits à temps, car alors le semis s’est assez fortifié pour envahir complètement le sol, et il étouffe à son tour les mauvaises herbes. Les sarclages sont peu dispendieux ; ce sont des femmes qui les exécutent la plupart du temps. Ils avancent considérablement la récolte, et en augmentent énormément la qualité et la quantité.

    Au potager en 1900 : sarclages et binages

     

     

     

     

    Le binage est une des opérations les plus importantes, et celle qu’il est le plus difficile d’obtenir des praticiens. Il contribue, à lui seul, aussi puissamment au succès des cultures que les labours et les arrosements tout à la fois.
    On considère généralement le binage comme une opération uniquement destinée à détruire les mauvaises herbes ; c’est une erreur profonde. Le binage rend le sol perméable à l’air, et y maintient l’humidité. Par conséquent, il agit énergiquement sur la végétation, en facilitant la décomposition des engrais, et en accélérant l’ascension de la sève ; c’est là son principal but. Ce binage est aussi efficace qu’un bon labour sur la végétation ; la destruction des herbes n’est que secondaire.
    Tout ce qui n’est pas paillé dans le potager doit être très fréquemment biné, surtout après les arrosements qui battent la terre et forment à la surface une croûte dure et sèche.
    Cette croûte superficielle est très nuisible à la végétation, surtout dans les sols un peu compacts. Elle empêche, d’une part, l’air de pénétrer, et s’oppose par conséquent à la décomposition des engrais ; de l’autre, cette croûte dure et desséchée arrêtant l’évaporation. Il n’y a plus d’humidité à la surface. Aussitôt la croûte superficielle brisée, l’air et les rosées pénètrent le sol, et, l’évaporation se rétablissant, l’humidité du fond remonte à la surface par reflet de la capillarité, et apporte aux racines la fraîcheur dont elles étaient privées.
    Il est impossible de déterminer le nombre des binages et l’époque à laquelle il faut les donner. Cela est subordonné à la nature du sol, à sa consistance, et aussi à la température. Il est évident qu’il faut biner plus souvent dans un sol argileux que dans un sol léger ; la terre s’y croûte plus vite, et sa cohésion est telle qu’elle se fend pendant la sécheresse.
    Les binages doivent être plus fréquents dans tous les sols, quand la température est très élevée un bon binage est plus efficace qu’un mauvais arrosement, surtout s’il est mal appliqué. Une petite quantité d’eau jetée brusquement bat la terre sans la mouiller, et ne fait qu’augmenter l’épaisseur de la croûte superficielle.
    Les binages sont indispensables après les arrosements, car, quelque bien administrés qu’ils soient, ils déterminent toujours la formation d’une croûte à la surface du sol, et il est de toute nécessité de la briser pour que les arrosages soient fructueux.
    On pratique le binage avec plusieurs instruments.

    Au potager en 1900 : sarclages et binages
    La binette est très expéditive, mais c’est un outil imparfait pour le potager ; il ne pénètre pas assez profondément et n’ameublit pas suffisamment le sol. L’emploi de la binette dans le potager doit se restreindre aux pommes de terre et aux cultures très éloignées et rarement arrosées.
    Nous emploierons presque toujours la cerfouette, outil bien plus énergique, et opérant un travail plus parfait.
    La grande cerfouette nous rendra les plus grands services dans les planches de choux, les salades, etc. La lame pénètre très facilement, remue la terre à une grande profondeur et détruit toutes les mauvaises herbes. Avec les dents, on ameublit très profondément le sol autour des racines, sans les endommager. La façon opérée, un coup de crochet donné vivement ramène toutes les herbes à la surface, où il est facile de les enlever, et unit parfaitement la planche.

    Au potager en 1900 : sarclages et binages

     

     

     

     


    La petite cerfouette rend les plus grands services dans les pépinières de légumes. C’est le seul outil à employer. La lame effectue un binage énergique entre les lignes, le crochet brise les mottes, ramène l’herbe à la surface, et rechausse les plantes. La petite cerfouette peut être employée avec le plus grand avantage pour biner, pendant les grandes sécheresses, les semis en lignes de carottes, oignons, etc. Le sol est remué profondément avec la lame et avec le crochet, sans endommager les racines, et la récolte gagne énormément à cette opération.
    Enfin, si, comme cela arrive dans les jardins bien cultivés, il n’y a pas de mauvaises herbes, et que l’année ne soit pas trop sèche, on accélérera très sensiblement la végétation en donnant de temps en temps un hersage dans les planches avec la petite fourche crochue. Le sol est fouillé à 8 ou 10 centimètres de profondeur l’air y pénètre facilement, décompose les engrais, et la végétation y gagne beaucoup.
    Je ne saurais trop insister sur la nécessité des binages, et j’insiste d’autant plus qu’il existe un préjugé très enraciné chez certains praticiens ; ils ne veulent pas biner par la sécheresse, et sont convaincus que le binage fera sécher la terre davantage encore. Le contraire a lieu : le binage donne de la fraîcheur au sol. Un binage énergique est plus efficace qu’un arrosement incomplet. Si vous manquez d’eau, binez souvent et profondément : vous sauverez vos plantes. Qui bine arrose ! 

     

    Extrait de :

      Cuisine & JardinsLE POTAGER MODERNE EN 1900

    Volume 1 : Création & conduite

    14.8 x 21 cm - 114 pages - Illustrations

      Vincent-Alfred Gressent

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