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     Vient de paraître :

     

    Villes & Villages
     
     SAINT-VALERY-SUR-SOMME ET LE COMTÉ DU VIMEU
     
     
      Florentin Lefils
     
      15.5 x 22 cm - 158 pages avec cartes postales anciennes, plans et illustrations.

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    La "grande" histoireLE LITTORAL DE LA FRANCE

    De Dunkerque au Mont Saint-Michel


     V. Vattier d'Ambroyse

      15.5 x 22 cm - 276 pages, avec illustrations d'époque.

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    Parcours : La mer du Nord. – Ses rivages. – Dunkerque.  Mardyck-Gravelines. Les côtes du Pas-de-Calais. – La ville de Calais. – Sangatte. – Wissant.  De Boulogne à l’embouchure de la Somme. Les ports de la Somme. Abbeville. La pointe du Hourdel. – Cayeux. – Ault. – Mers. – La Bresle. Le Tréport. – Eu. – La côte jusqu’à Dieppe. – Puys. – La cité des limes. –   De Dieppe à Saint-Valery-en-Caux. Fécamp. De Fécamp au Havre par Etretat. Le Havre.  Les environs du Havre. – Harfleur. – Orcher. Rouen. La navigation de la Seine. – Paris port de mer.  De Honfleur à Dives. De Dives à Ouistreham.  De Caen à Port-en-Bessin. Les fosses du Soucy. – Bayeux. De Sainte-Honorine à la Baie des Veys. Carentan. – Saint-Vaast-de-La-Hougue. – Barfleur.  – De Cherbourg à Coutances. –   Granville. – Avranches. – Pontorson. Le Mont Saint-Michel.

     


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    Dans les premières années du règne de Louis XV, exactement le 7 août 1718, une épidémie qu’on désigna du nom de suette se déclara à Abbeville. Le dictionnaire mentionne qu’elle est caractérisée – on s’en serait douté – par une sueur abondante, et certainement aussi par de la fièvre. Elle dura environ deux semaines, avec une virulence extrême. On ferma toutes les échoppes et les estaminets. Les cadavres se putréfiaient très rapidement et dégageaient une odeur pestilentielle. Pour ne pas terrifier encore plus la population, il fut ordonné que les cloches n’annonceraient plus la mort des malades, ni leurs funérailles. Ces dernières se déroulaient une heure après leur mort, sans cérémonial et dans la précipitation. On était obligé d’allumer de grands feux dans les églises pour évacuer les relents de la décomposition. En trois jours, quatre-vingts personnes en moururent et plus de huit cents furent contaminées. L’affolement fut si important qu’environ un tiers des habitants prirent la fuite dans les campagnes environnantes, à tel point que les villageois s’armaient pour s’opposer à leur entrée sur leur territoire. Seuls, les courageux religieux de la confrérie de la Charité se donnaient rendez-vous chaque jour sur le parvis de l’église Saint-Georges (sur l’actuelle place de l’Hôtel de Ville ou place Max Lejeune) ; ils y recevaient la bénédiction et se partageaient ensuite en groupes qui allaient soit ensevelir les morts, soit s’occuper des malades et les soigner. Cette épidémie se propagea ensuite dans les autres régions de la Picardie, où elle réapparut chaque année, en certains lieux, avec plus ou moins de force. Elle ressemblait beaucoup à la peste britannique ou fièvre sudatoire (sudor anglicus) qui s’en prit aux Anglais pour la première fois sous le règne de Henri VII (entre 1485 et 1509). Il faut dire que les facteurs favorisants étaient encore nombreux à cette époque : guerres fréquentes, pénurie de nourriture et manque d’hygiène, une médecine encore peu développée et inefficace… Les épidémies de peste, de lèpre et autres maladies contagieuses étaient donc fréquentes au Moyen Age et jusque sous l’ancien Régime. Au nord d’Abbeville, il existait une léproserie ou maladrerie sur le territoire de Grand-Laviers, à l’emplacement de la ferme du Val (Val aux lépreux).

     
     
    Extrait de :
     
    Picardie maritime
     HISTOIRES INSOLITES 
     DE PICARDIE MARITIME 
     
      Gérard Devismes 
      
      14.5 x 20.5 cm - 282 pages 
     

     

     

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    Magdeleine - Départ pour Abbeville - Dimanche 2

    Encore des conciliabules dans l’avenue Carnot. Papa m’emmène à la gare avec les colis et j’attends Suzanne et Praxède (la bonne). Papa, maman et Maurice rentrent en auto avec le reste des colis. Pas de monde dans le compartiment, mais les troisièmes sont combles. Une bande de Cayolais vient conduire des jeunes hommes qui partent. Oh ! Ces adieux déchirants, poignants m’ont fait verser quelques larmes. Que c’est lugubre tous ces pleurs ! Quelques-uns, les célibataires, sont gais et s’en vont tout riant. A Abbeville, nombre d’artilleurs chantaient, buvaient et plaisantaient à nos côtés. Tous très jeunes sous les armes, ils s’en vont la rage aux dents enfiler les Allemands. C’est sublime, ces élans de courage ; ils vont joyeusement à la mort, car ils savent que leur devoir est là. On ne voit que des soldats dans des voitures de laitières, de jardiniers etc… Cela est un peu drôle au milieu de la consternation générale. Achille était à la gare avec la petite auto, il prend nos colis et nous revenons pédestrement, quand papa qui allait à la gare voir un soldat malade, nous a fait monter en voiture. On a mis le linge en place, puis on a flâné. Toujours des soldats dans la ville ou des réservistes, leur petit paquet sous le bras. Personne ne part dans ma famille, c’est heureux. Il y a des familles qui sont dans la peine. Je n’ai plus pensé que nous étions dimanche et j’ai oublié d’aller à la messe. Sait-on comment l’on vit dans ce désarroi national. J’espère aller tantôt à l’église pour prier pour tous ces hommes qui vont se battre et chercher la mort pour leur patrie.

    2 août 1914 à Cayeux-sur-Mer et Abbeville

    Suzanne - Départ pour Abbeville - Dimanche 2

    Nous voici de retour à Abbeville que nous ne devions revoir qu’au 15 septembre. Comme tout est triste, je veux rappeler ici la journée d’hier. Comme il faisait très beau et très chaud, et comme on ne respire guère dans la cabine, nous avions fait un courant d’air et n’avions aucun courage ! Personne sur les planches, tout était calme, d’un calme plat. Maurice nous apporte une lettre de Marguerite nous disant que la situation ne pouvant se prolonger, elle comptait arriver dimanche ou lundi. Cette lettre nous amusa, et comme je ne croyais pas à la guerre, je comptais, maman du reste aussi, voir arriver Marguerite, Simone et Mado le lendemain. Puis, je m’installais avec Magdeleine à l’ombre, derrière la cabine où nous entendions assez bien le concert classique du Casino. C’est ainsi que nous écoutions un morceau de Popper quand un homme passe en courant, l’air très atterré et cria : « ça y est, la France est mobilisée, c’est affiché à la Poste. Quel coup !… » Des femmes qui tirent leur mouchoir se tamponnent les yeux, des visages se décomposent, des hommes qui partent en courant vers la Poste. Le concert classique arrête net et les musiciens se précipitent dehors. C’était partout la désolation. Madame Legier pleurait ses fils, et Henri son benjamin pleurait également en donnant de grands coups de pelle dans les galets. Madame Robinet et sa mère s’empressent, en pleurant, de quitter leur cabine avec les enfants qui hurlent dans leurs charrettes, et le mari assombri par son départ prochain. Nos voisins de l’Albatros arrivent précipitamment en auto et en deux minutes empilent leur mobilier de cabine dans leur véhicule. Ils partent le soir même. Madame Brugnon sanglote, ses enfants sont effrayés. Madame Colgrave et sa mère sont dans la désolation car bien que ne partant pas sous les drapeaux, leurs maris sont restés à Reims d’où ils ne peuvent sortir. La pauvre Madame Ulin, à la fenêtre de sa chambre, personnifie la douleur tant elle est pâle et triste. Enfin en moins de cinq minutes, la plage est vidée, c’est l’affolement. Seul Monsieur Roulet, malgré son fils parti, a sa figure souriante de toujours.

    Papa rentre à 7 h. en auto. Encore sous le coup des émotions de tout à l’heure, nous déménageons la cabine et entassons vite fait le linge et les robes dans des cartons et valises. Les Cayolais, toujours prêts à exagérer, tiennent des conciliabules devant la Poste jusqu’à 1 heure du matin. Aujourd’hui tout le monde se réveille de bonheur. A 9 h.50, Magdeleine, Praxède (la bonne) et moi, prenons le train, tandis que papa, maman, Maurice et Josette, le chien, gagnent Noyelles3 en auto. A la gare de Cayeux, scènes de désespoir au départ des cayolais soldats. Malgré soi, on se sent ému. Tout est calme à Abbeville. La mobilisation entière se passe dans un calme qui surprend tout le monde. L’après-midi, Magdeleine et moi ayant oublié l’heure de la messe, allons au salut prier pour les Français qui vont se faire tuer aux frontières et pour tous ceux qui attendent dans le désespoir et l’anxiété le retour qui d’un mari, qui d’un fils, qui d’un frère. Mon oncle Maupin est arrivé ce soir pour l’hôpital militaire d’Abbeville.

     

    Extrait de :  

    Grande Guerre AVOIR 20 ANS PENDANT LA GRANDE GUERRE

     Carnets intimes 1914-1918  Abbeville - Cayeux/Mer 

     Magdeleine et Suzanne Tacquet 

     
    Photos des archives familiales et documents d’époque.

    Préface et notes de Jean-Jacques Becker.

    15.5 x 22 cm - 304 pages

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    Quelques chiffres.

    Sur une rasière, soit 80 kg, le client retrouvait 51 kg de farine et 21 kg de son, 8 kg servaient à payer le meunier. Ajoutons que les moulins à vent nécessitaient une force de vent de 2 à 12 mètres/secondes au minimum. Ils ne tournaient que 120 à 160 jours par an. Un bon moulin pouvait moudre et tamiser, en période favorable, 150 à 200 kg de blé à l’heure. Le travail du meunier, c’était aussi la réception des céréales par l’intermédiaire du cache mannée (qui essayait d’apporter de grandes quantités de blé au meunier qui l’employait), l’ensachage de la farine et la mise à jour des comptes et des registres.

    La meunerie au XIXe siècle



    Un moulin à Saint-Sauflieu.

    Le métier était dur, le moulin pouvait tourner 24 heures sur 24 quand il y avait du vent. Il fallait en permanence le surveiller notamment en cas de tempête ou d’incendie. Jusqu’à la Révolution, le fermier montait au moulin et apportait son grain sur place mais après la Révolution, certains meuniers gardaient leur habitude mais d’autres devaient se déplacer eux-mêmes à domicile pour aller chercher de nouveaux clients. Le moulin à cette période n’était pas obligatoirement propriété du meunier, certains contrats de baux duraient jusqu’à neuf ans ! d’autres étaient à perpétuité. Le meunier était aussi un bon météorologue qui observait souvent sa girouette. Il devait chercher le vent en orientant son bâtiment. Ensuite, il lui fallait habiller les ailes puis mettre en marche la machinerie en actionnant le frein, lequel retient les ailes qui convertissent l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique. Certains meuniers attrapaient la silicose car l’odeur de la farine fait tousser et dessèche la gorge. On raconte que les meuniers avaient les mains tâchées à cause des éclats de pierre et d’acier qui jaillissaient sous les coups de marteau lorsqu’ils nettoyaient les meules afin de refaire les sillons (ce travail durait 2 à 3 jours). Le métier s’apprenait sur le tas, souvent de père en fils, on était d’abord garçon meunier. Les moments creux étaient consacrés aux réparations et à l’entretien. La position des ailes était un moyen de communiquer avec le voisinage :

    La meunerie au XIXe siècle


    1. Croix Grecque : repos de courte durée où le moulin travaille.

    La meunerie au XIXe siècle

    2. Croix St André : repos de longue durée, ou dimanche, ou jour de fête ordinaire.
     

    La meunerie au XIXe siècle

     

     

     

     

    3. Croix Venante : heureux événements (baptême, mariage, naissance).

    La meunerie au XIXe siècle

     

     

     

     

    4. Croix Partante : deuil ou opération de rhabillage des meules en cours.


    Nathalie Boulfroy-Demarcy

     

    Extrait de :

    moulins Picardie

     

       LES VIEUX MOULINS DE PICARDIE


         Amédée de Francqueville 

     
        
    15.5 x 22 cm - 148 pages

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