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Les chemins de halage de la Somme canalisée

 

Les chemins de halage de la Somme canalisée

A l’origine, le chemin de halage était d’une largeur de vingt-quatre pieds, soit environ sept mètres ; il était réservé au passage des chevaux ou des hommes halant les bateaux, qui avaient la priorité sur les riverains. Bien entendu avant la motorisation des bateaux. C’était un net avantage sur la route car une plus petite force était nécessaire pour le transport par voie d’eau. Dans le « Mémoire sur le canal du duc d’Angoulême » par Brière de Mondétour, il est précisé que « six forts chevaux conduisent tout au plus vingt-quatre pièces de vin sur une grande route, (tandis que) sur le (futur) canal, deux mauvais chevaux conduiront quatre cents pièces. » Vraisemblablement, la Somme canalisée n’a jamais été bordée par deux chemins de halage sur l’ensemble de son cours, bien que les rapports détaillés des ingénieurs distinguent clairement les prix à la descente des prix à la remontée.

L’aménagement du deuxième chemin était gêné par les affluents, les bras de décharge et l’instabilité des berges en bord de vallée. Qui plus est, le long des fleuves, il était fréquent d’effectuer le halage depuis une seule berge, du fait de la largeur du lit. Cette force déséquilibrée ne nécessitait que de bien tenir le gouvernail pour éviter que le bateau dévie vers la berge. Autrefois, le halage pouvait se faire soit à longs jours (le même attelage tractait l’embarcation tout au long de son parcours), soit par relais, c’est-à-dire que l’attache était changée à chaque bief, donc au passage à une écluse. Sur la Somme canalisée, seul le halage à longs jours était pratiqué. Le halage à col d’homme a probablement existé sur la Somme, comme sur tous les canaux français. L’une des fresques de Puvis de Chavannes, nommée « Pro Patria Ludis » et datant de 1882, exposée dans le grand escalier du musée de Picardie à Amiens, représente d’ailleurs les premiers habitants de la Somme par un groupe d’hommes et de femmes halant une barque. Le halage humain a disparu en France avec la mise au gabarit Freycinet dans les années 1878- 1879, laquelle a permis de généraliser la navigation des bateaux de trois cents tonnes. Cette traction humaine devenait, de ce fait, deux fois moins rapide que celle du cheval. Dans les années 1930, certains règlements de police allaient même jusqu’à interdire le halage à la bricole, la bricole étant la partie du harnais de halage qui se passe autour de la poitrine. Il n’y avait pas d’entreprise spécifique de halage sur la Somme. Un certain nombre de cultivateurs échelonnés tout au long du parcours louaient leurs services aux mariniers. On en trouvait par exemple à Long, mais aussi vers Abbeville et entre Abbeville et Saint-Valery.

Gérard Devismes

Extrait de :

 

vallée de la Somme  BUCOLIQUE VALLÉE DE SOMME

    DE LA SOURCE DU FLEUVE A SON EMBOUCHURE

   
Gérard Devismes    Format 20 x 29 cm - 118 pages avec photos, dessins N/B

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