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Le Hourdel : un bout de terre en mer

Au XVIe siècle, dit M. Traullé, le port du Hourdel était le refuge préféré de la baie de Somme ; on pouvait y entrer de mer basse comme de mer haute. « Les habitants d’Abbeville déclarent qu’ils ont toujours vu charger et décharger audit havre avec la permission du seigneur de Cayeux ; que depuis deux ans les maire et échevins de Saint-Valery ont empêché de le faire, ce qui a été cause de la perte de plusieurs vaisseaux, y ayant plus de danger à venir du Hourdel à Saint-Valery ou au Crotoy, que du Touquet de Brest audit havre du Hourdel, où il y a soixante fois plus de chemin à faire ». 
Depuis cette époque la pointe du Hourdel s’est progressivement allongée jusqu’à trois kilomètres au Nord-Est, lieu où elle se trouve actuellement. 
En 1833, ce lieu n’était encore qu’un amas de galets abritant une crique où relâchaient parfois les bateaux pêcheurs de Cayeux, qui l’avaient surnommé le Paradis, parce qu’ils ne s’y réfugiaient que lorsque le mauvais temps rendait l’échouage de Cayeux impossible. Ces avantages attirèrent l’attention de l’administration des ports, qui crut pouvoir y créer un avant-port pour celui de Saint-Valery, où l’on venait de dériver et fixer le lit de la Somme avec l’intention de le diriger plus tard à la mer par le Hourdel. On construisit au Hourdel un quai en charpente et on y éleva une digue pour arrêter l’alluvion qui se formait à l’amont du port. Une vingtaine de maisons furent édifiées sur le quai. C’est aujourd’hui un petit port de relâche d’assez agréable apparence, qui pourrait contenir une douzaine de navires. 
La statistique de l’arrondissement maritime de Cherbourg, pour 1854, dit que le Hourdel n’est qu’un port de refuge, mais que comme il y monte autant d’eau qu’au Havre et qu’on y peut entreprendre tous les travaux d’agrandissement désirables, on peut dire que c’est un port plein d’avenir. 

Florentin Lefils


 

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