
Jusqu’au milieu du XXe siècle et même encore plus tard, le mois de mai était évité pour se marier car on disait que c’était « le mois de Marie », c’est-à-dire de la Vierge, et que pendant ce mois, « la séparation ou le veuvage sont plus fréquents qu’un long ménage ».
Il y avait bien entendu la tradition de la vente de la jarretière de la mariée qui persiste encore. Mais il y en avait bien d’autres, plutôt païennes, qui se déroulaient pendant le plantureux repas de mariage et après. C’était le cas à Gamaches et dans bien d’autres villages du Vimeu.
Le nouveau marié devait lancer des morceaux de gâteau (le fameux gâteau battu) aux invités, par-dessus la tête de la mariée assise et voilée comme à la messe de mariage. Puis, le couple mangeait en dernier car il devait servir les autres avant de s’asseoir. A la fin du repas, bien que le couple attendît avec impatience son intimité, on passait à ce qu’on appelait « l’épreuve de la mariée ». Cette dernière était contrainte à exécuter une tâche se rapportant à celle de son mari.
Ce dernier était le plus souvent, serrurier, paysan ou ouvrier agricole. Par exemple, la mariée devait harnacher un cheval, lui tenir le pied avant de le ferrer, fixer une dent de la herse, limer un morceau de métal… Cette coutume plutôt contraignante est maintenant devenue obsolète. Mais demeurent la tradition de «la jarretière de la mariée», celles qui consistent à retarder le départ du couple… ou la consommation de leur hymen : mettre leur voiture dans l’impossibilité de démarrer, savoir où ils vont dormir pour aller faire du tintamarre sous leurs fenêtres.
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