
Gournay-en-Bray est une jolie petite ville, bien bâtie et agréablement située dans la vallée de l'Epte. On y accède par plusieurs routes ; elle est entourée de belles promenades plantées d'arbres et entrecoupées de plusieurs cours d'eau. Ces promenades ont remplacé les anciens remparts.
Il n'existe de ses antiques fortifications que la Porte de Paris, avec ses deux pavillons et ses deux grands piliers élevés vers 1780. Ils portaient les armes des Montmorency, seigneurs du lieu ; ces armes furent effacées à la Révolution. Les ruines de plusieurs tours paraissent dater du XIIIe ou du XIVe siècle. Quelques maisons en bois bâties à la Renaissance, sont ornées de frises en bois.
L'église (monument historique) est un remarquable édifice, dédié à S Hildevert. Elle appartient par son ensemble aux XIe et XIIe siècles. Quelques parties, à la base des murs, vers le chevet, peuvent être plus anciennes et remonter à la construction primitive. Le portail, dont les tours n'ont point été achevées, est tout entier du XIIIe siècle, il a été fort heureusement restauré (1875). Belles fenêtres exécutées vers la fin du XIVe siècle.
La ville est pourvue de plusieurs places spacieuses et sillonnée par des cours d'eau ; mais elle ne renferme aucun monument remarquable, si ce n'est la halle au beurre, bâtie en 1825, et une fontaine pyramidale avec inscription (1780).
Avant la Révolution, il y avait à Gournay une autre église paroissiale sous le patronage de la sainte Vierge. On avait d'abord érigé une petite chapelle de la Sainte-Vierge dans le cimetière de Gournay ; mais la ville s'étant considérablement agrandie au XIIe siècle, on fut obligé de construire, vers l'an 1230, une seconde église démolie en 1792. Cette église avait un très beau clocher, couvert en plomb, de 160 pieds de hauteur, dont la flèche était accompagnée de quatre clochetons hauts de 25 pieds, portant au sommet des statues d'anges ; elle était aussi pourvue d'une guérite destinée d'abord à prévenir toute surprise en temps de guerre. Plus tard, on y mit un veilleur qui invitait à prier pour les morts en criant toutes les nuits :
Réveillez-vous, gens qui dormez,
Et pensez qu'un jour vous mourrez :
Priez Dieu pour les trépassés.
Extrait de :
NEUFCHÂTEL-EN-BRAY
ET SON ARRONDISSEMENT
J. Bunel et A. Tougard