
Gaillefontaine (Goisleni-Fons, plus tard Galionis-Fons) fut, comme la Ferté, un poste très important au Moyen Age. Comme elle encore, il fut défendu par une forteresse redoutable, qui partagea plus d'une fois le sort de sa voisine. " De cette forteresse, dit M. l'abbé Cochet, il reste une triple enceinte, formée par d'énormes fossés et hérissée de tronçons de murailles. Comme tous les châteaux normands, celui-ci occupait le flanc de la colline, dont le donjon couronnait le sommet. Les fossés, dans l'enceinte, ont encore près de 30 mètres de profondeur. Les murs des tours ont une épaisseur gigantesque. La motte du donjon a bien 40 mètres de hauteur et 50 de circonférence. La tradition du pays parle de souterrains allant jusqu'à la chapelle St Christophe, et d'une ancienne chapelle dite de la Reine-Blanche (de Navarre)."
Aujourd'hui (en 1875) des plantations, des jardins, et même des habitations ont envahi l'emplacement de la forteresse, et l'on y a ouvert d'agréables promenades.
La seigneurie de Gaillefontaine fut constituée par Rollon lui-même, en 912, en faveur de l'un de ses compagnons d'armes, nommé Eudes. Mais le château ne paraît avoir été bâti qu'en 1050. Comme celui de la Ferté, il fut tour à tour livré au roi d'Angleterre vers 1090, et fortifié contre lui en 1118.
J. Bunel et A. Tougard
Extrait du volume 2 :
NEUFCHÂTEL-EN-BRAY
ET SON ARRONDISSEMENT
J. Bunel et A. Tougard