- Le château fort des comtes de Ponthieu -
Ce château, désigné ainsi encore quelquefois vulgairement sous le nom de Château de l’Abbaye, à cause du voisinage de l’église de ce nom, paraît être le plus ancien des deux châteaux forts d’Airaines.
Il s’élevait sur le fief Pignon et appartenait aux comtes de Ponthieu ; il changea de maîtres aussi souvent que ce comte et fut soumis aux mêmes vicissitudes.
Il aurait été bâti par les Croisés, vers l’an 1159, et Beaudouin III, roi de Jérusalem, en aurait confié la garde à Renaud, seigneur de St-Valery.
Voici, en effet, ce que nous trouvons dans l’Histoire cantonale de Picardie, etc., sous la direction de M. Guil-meth, bourg d’Ault, page 10 : « Bernard II, seigneur de St-Valery, laissa deux fils, savoir : Bernard III et Renaud qui, ayant voulu, à l’exemple des principaux membres de sa famille et de ses compatriotes, faire aussi le voyage de Palestine, y fut chargé en 1159, par Beaudouin III, roi de Jérusalem, de la garde du château d’Arènes (Airaines) nouvellement bâti par les Croisés. »
Il serait bien difficile de dire quelle fut l’importance de ce château ; il en reste si peu de chose, rien pour ainsi dire, et le plan terrier, le seul document qui pourrait nous renseigner sur ce point n’a pu jusqu’ici nous être communiqué.
D’après l’auteur de l’Encyclographie sur Airaines, cette petite forteresse aurait consisté en deux forts distincts réunis ensemble par un pont-levis. Elle aurait donc eu deux enceintes, offrant ainsi aux assiégeants une double difficulté, puisque les assiégés pouvaient abandonner le fort qui n’était plus tenable pour se retirer dans l’autre. Ce qui prouverait qu’il en était ainsi, dit cet auteur, ce sont les deux puits existant encore dans chacune de ces parties. Avouons que la preuve n’est pas très concluante.
Les fondations de cette antique construction qu’on a pu retrouver, ainsi que les soubassements, sont en pierres de tuf et dénotent une grande solidité.
- Le château fort des sires d'Airaines -
La seconde forteresse était le château des sires d’Airaines, situé en quelque sorte au centre même de la ville, à une faible distance et comme sous la protection de celui de Ponthieu.
Vu l’absence de documents nous ne pouvons fixer, même approximativement, l’époque de sa construction. Comme son voisin, il eut à supporter les chances de la guerre. Pris et repris maintes fois, il fut détruit, comme nous l’avons déjà dit, en 1422, par Jean de Luxembourg. Il fut reconstruit deux ans plus tard, pour être de nouveau démantelé en 1589, par une troupe de ligueurs commandés par Lefort de Fermembrun, qui avait reçu l’ordre des Ligueurs d’Amiens de s’emparer des châteaux d’Airaines et de Fontaine. Quelques années plus tard le connétable de Luynes fit restaurer ce château sur les ruines de l’ancien. Ce sont les restes de ce dernier que nous voyons encore aujourd’hui. Propriété des sires d’Airaines, il avait suivi le sort des biens de cette famille.
Deux extraits de :
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Airaines
Histoire et archéologie
par Abbé Marchand