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Mme de Sévigné au château de Picquigny

Bâtiment carré à deux étages, de style Renaissance, le Pavillon Sévigné, est décoré de pilastres, encadrant de hautes fenêtres accompagnées d’œils-de-bœuf. Son bel escalier de pierre sert à conduire les visiteurs sur la seconde terrasse, puis de là, dans la cour du donjon, par un étroit passage ménagé au-dessus de la Porte du Gard. Les entablements extérieurs, qui divisent les étages du pavillon, sont ornés d’armoiries, parmi lesquelles on distingue encore celles de Picquigny : D’argent à trois fasces d’azur, à la bordure de gueules.

 

Le souvenir de la marquise de Sévigné plane d’ailleurs gracieusement sur les ruines de ce château dont nous allons entreprendre la visite, et dont elle fut une des plus exquises hôtesses.
Très intimement liée avec la Duchesse de Chaulnes, dont le mari avait été gouverneur en Bretagne, Mme de Sévigné fut, à diverses reprises, invitée par les châtelains de Picquigny à villégiaturer sur les bords fleuris qu’arrose la Somme.
De ces séjours, nous trouvons trace dans différentes lettres adressées à Mme de Grignan. Dans l’une d’elles, datée du 27 avril 1689 on lit :
« Nous partîmes de Chaulnes lundi pour aller coucher à Amiens où Mme de Chaulnes est honorée et vénérée comme vous l’êtes en Provence... L’après diné nous arrivâmes ici dans un château où tout l’orgueil de l’héritière de Picquigny est étalé.
C’est un vieux bâtiment, élevé au-dessus de la ville comme Grignan ; un parfaitement beau chapitre comme à Grignan ; un doyen, douze chanoines. Je ne sais si la fondation est aussi belle, mais ce sont des terrasses sur la rivière de la Somme qui fait cent tours dans ses prairies : Voilà ce qui n’est pas à Grignan. Il y a un camp de César à un quart de lieue d’ici, dont on respecte encore les tranchées ; cela figure avec le pont du Gard. »
Dans une autre lettre la Marquise écrit encore à sa fille :
« Si j’en crois le vent, ma chère fille, je suis à Grignan, la bise en campagne n’y saurait mieux faire... il y a trois jours que nous sommes dans cette belle maison dont la vue est agréable au dernier point ; nous en partons dans une heure pour aller à Rouen. »

Extrait de :

 

Picquigny et ses alentours

Histoire et archéologie

par Alcius Ledieu et Alfred Ansart

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