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Une descente inattendue de corsaires au XVIIIe siècle à Cayeux-sur-mer

Le jeudi 17 juin 1779, sous Louis XVI, un groupe de vingt-cinq corsaires avait débarqué sur les terres des environs de Cayeux-sur-mer et y avait volé des moutons. La nouvelle fut connue à Abbeville vers huit heures du soir. Le mayeur (maire) de la ville fit monter aussitôt une garde d’une cinquantaine d’hommes en dehors des portes de la cité, avec ordre de ne les ouvrir à personne, pas même aux voitures de la poste royale. De plus, il appela aux armes les hussards (soldats de cavalerie légère) de la garnison à qui il procura poudre et plombs en grande quantité.
Dès neuf heures, ces soldats étaient prêts et se dirigèrent vers la côte. En outre, le mayeur ordonna que les compagnies de la Jeunesse fussent parées à marcher au premier coup de tambour. A cet effet, une corde était reliée de la tourelle du corneur de la collégiale Saint-Wulfran à une maison en face du grand portail. Au signal de cinq coups de canon, le corneur agitait la corde et le propriétaire de la maison devait réveiller sans tarder le mayeur.
Après avoir marché (en réalité galopé) pendant une heure et trois quarts, les hussards étaient arrivés à Cayeux. Mais on s’aperçut que de corsaires il n’y avait plus (ou point), donc l’alarme était devenue inutile. « Ils étaient venus et avaient vaincu sans rien voir », commentent les manuscrits de l’Abbevillois Sifflait, à propos de cette intervention des hussards. On avait pris beaucoup de précautions pour vraiment peu de danger, et un danger vraiment éloigné. Néanmoins, il faut savoir que les corsaires n’étaient pas tous des hommes d’honneur comme Jean Bart, Surcouf, Duguay-Trouin… et que certains étaient plutôt de redoutables pirates sans foi ni loi.

 

 

Histoires insolites

de Picardie maritime

par Gérard Devismes

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