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Activité du port de Boulogne-sur-mer en 1910

Boulogne-sur-mer, le Paquebot de Folkestone accostant à son arrivée d'Angleterre.

 

Comme presque tous nos ports, Boulogne a pour principal élément d’activité l’importation des charbons. Malgré le voisinage du bassin houiller du Pas-de-Calais, il y a avantage à recevoir la houille anglaise, tant qu’un canal ne reliera pas la Liane au bassin de Lens. Plus de 300 000 tonnes sont chaque année déchargées dans le bassin à flot pour être envoyées dans les usines de la région (319 000 en 1910). Bien inférieur est le tonnage des bois, 40 512, des minerais, 85 886, du jute pour les usines de la Somme, de la glace de Norvège pour conserver le poisson (17 786 tonnes).

Quant aux exportations, elles n’offrent un tonnage considérable que pour les « pierres et terres servant aux arts et métiers », notamment les ciments, dont, en certaines années, on a embarqué 60 000 tonnes (22 613 en 1909 et 1 702 en 1910. Tous les chiffres pour lesquels l’année n’est pas précisée seulement se rapportent
à 1910).

Viennent ensuite les fruits et les primeurs de nos pays, du centre ouest et du Midi, pour lesquels le port de Boulogne est le plus commode et le plus rapide, ils donnent en moyenne 30 000 tonnes et souvent dépassent ce chiffre. Parfois, sept à huit trains journaliers apportent jusqu’à 60 000 paniers sur les quais.
M. Farjon, président de la Chambre de commerce, évalue à 6 ou 7 millions le nombre de colis manutentionnés chaque année. Aussi les quais sont-ils insuffisants pour faire face à ce trafic sans cesse croissant, il en résulte de fâcheuses querelles entre expéditeurs.
Le bassin de marée permettra de donner à ce service toute l’ampleur nécessaire.
Les pommes de terre à destination de l’Angleterre sont une autre branche importante d’exportation (4 459 tonnes en 1910).
Mais la grande cause de fiévreuse activité présentée par le port de Boulogne est incontestablement la pêche. Le spectacle offert par l’arrivée des bateaux chargés de poissons n’est nulle part plus étonnant que sur ces quais. Le tableau est peut-être moins pittoresque que jadis, les bateaux à vapeur ayant remplacé beaucoup de barques à voiles, mais il n’en reste pas moins extraordinairement animé.

 

Extrait de :

 

LE PAS-DE-CALAIS VERS 1900 

HISTOIRE - GÉOGRAPHIE - DESCRIPTION
  
 Victor-Adolphe Malte-Brun / Victor-Eugène Ardouin-Dumazet / Paul Joanne
 
  15 x 21 cm - 168 pages avec cartes postales anciennes et illustrations.

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