Le 1er mars 1917, trois bateaux de pêche furent coulés devant Cayeux, par un sous-marin allemand ; le chalutier à vapeur “ Elise ”, de Calais, monté par 9 hommes, ainsi que les bateaux de Cayeux “ Général Radiguet ”, patron J-B. Mopin, et “ Joseph-Adolphine”, patron Adolphe Rivet, montés chacun par 3 hommes. Les équipages purent se sauver.

Un submersible allemand pendant la Grande Guerre
Voici le récit de l’événement, que m’a fait le patron J.-Baptiste Mopin :
Le 1er mars, vers 3 heures de l’après-midi, notre flottille se livrait à la pêche en face de Cayeux, à 4 km environ du rivage, lorsque l’attention des marins fut attirée par une canonnade qui éclatait assez près d’eux ; ils crurent d’abord à des exercices de tir exécutés soit par les troupes de l’armée belge en garnison à Eu et qui venaient souvent évoluer à Cayeux, soit par trois grands chalutiers qui filaient à toute vapeur vers le nord, en passant à 1 km au large des barques cayolaises. Au bout d’un instant, cependant, les pêcheurs eurent vite fait d’apercevoir qu’un sous-marin, naviguant en surface, donnait la chasse à ces trois chalutiers.
L’un de ceux-ci ne tardait pas, d’ailleurs, à être atteint par un projectile et à couler ; les deux autres réussirent à s’échapper du côté du Hourdel, en se rapprochant de la côte.
Sur ces entrefaites, les bateaux cayolais avaient mis eux-mêmes, à toutes voiles, le cap sur le rivage, mais le sous-marin se rapprochait rapidement d’eux et se dirigea vers le “ Général Radiguet ”, monté par le patron Mopin J-B., âgé de 53 ans, par son fils J-B. Mopin (blessé aux jambes dans l’infanterie coloniale en septembre 1915 et à peine rétabli de ses blessures) et par Gosse Alexandre, dit Cotillon.
Aussitôt à portée de la voix, le capitaine allemand avait enjoint à l’équipage du bateau de pêche de descendre dans le bachot du bord et de venir prendre ses ordres, les matelots obéirent. Dès que le bachot fut rangé près du sous-marin, un soldat allemand sauta à bord et, saisissant la godille, fila droit sur le “ Général Radiguet ”, dans lequel il fit déposer, par le patron Mopin lui-même, une bombe en forme de bouteille. Le bachot revint alors près du sous-marin, prit une 2e bombe et s’en fut la porter à la barque “ Joseph-Adolphine ”, qui naviguait à proximité, et dont l’équipage reçut également l’ordre de descendre dans son bachot. Quelques minutes après,
les deux bateaux sautaient, pendant que les équipages regagnaient le rivage.
Le même jour, le patron Lhermet, de Calais, venait déclarer à la mairie que son bateau chalutier “Elise ” avait été coulé par un sous-marin et que l’équipage avait réussi à se sauver.
Anatole Mopin
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