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Mine et contremine au château de Péronne lors du siège de 1597

Mine et contremine au château de Péronne

30 et 31 août : Ce prince déterminé à emporter le château dont le canon lui causait beaucoup de dommage, fait jeter encore sur la ville un grand nombre de feux d’artifice, afin de favoriser ses mineurs qui travaillaient à faire crouler une tour qui avait plus de quatre cents ans.
1-2 et 3 septembre : Les batteries des assiégeants tirent sans relâche et rendent impossibles l’approche des remparts et toute opposition à leurs desseins. Néanmoins Sensenat, d’autres disent le capitaine Damiette, au moyen d’un coup hardi surprend et met à mort les mineurs : ce qui n’empêcha point les assiégés de contre-miner et d’élever une terrasse, pour y placer du canon et découvrir, de là, jusqu’au pied de la tour, pour la défendre.
4 et 5 septembre : Avant de faire jouer la mine, le prince de Nassau somme de nouveau le maréchal de lui livrer Péronne sous vingt-quatre heures, avec promesse d’accorder la vie sauve à toute la garnison et de ne permettre le pillage que pendant trois jours ; sinon, il menace de passer tous les assiégés au fil de l’épée. Le maréchal lui répond avec son calme ordinaire : « Qu’après avoir reçu un puissant secours, il est encore bien moins disposé à se rendre, qu’à la première sommation ». Le prince irrité se met aussitôt en mesure de renverser la tour, sous laquelle il avait fait placer douze barils de poudre, pour y mettre le feu dès le lendemain.
6 septembre : Le comte de Dammartin prévoyant tout ce que le succès de cette mine aurait de redoutable pour la ville, s’était empressé de la prévenir par une contre-mine : il y descend ce jour-là dès quatre heures du matin, avec 16 officiers de sa suite, et c’est dans ce moment fatal, que la mine ennemie saute et ébranle jusque dans ses fondements cette énorme tour, qui s’écroule et ensevelit sous ses ruines le malheureux Dammartin, avec 70 autres victimes, sans que les Péronnais puissent se procurer la consolation de retrouver son corps. D’Ameraucourt et d’Auxi le remplacent aussitôt ; l’un se porte sur la brèche de la tour et l’autre sur le rempart du château.

Jules Dournel

 

Extrait de :

 

péronne de l'origine à 1880  HISTOIRE GÉNÉRALE  DE PÉRONNE
     
 Jules Dournel 
 
  14 x 21 cm - Reprint - 260 pages chaque partie :
 (1re partie : de l'origine à 1610 - 2° partie : de 1610 à 1880). 
 

 

 

 

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