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Le château de Roye : d'abord un camp retranché

 

Le château de Roye : d'abord un camp retranché

Le château de Roye au XVIe siècle

 

Les seigneurs de Roye habitaient le château ; le premier fait connu, qui se rattache à l’histoire de cette forteresse, date du règne de Pépin-le-Bref. Begon de Belin livra sous ses murs un combat acharné ; mais il fallut renoncer à prendre le château de vive force, dit Garin le Loherain, (752).
Ce n’était alors qu’une simple forteresse, composée d’un donjon élevé sur la plate-forme de la colline et entouré de palissades ; elle était située sur une espèce de promontoire s’avançant dans la vallée formée par les eaux des rivières d’Avre et de Saint-Firmin ; son accès était défendu, de trois côtés, par des marais fangeux.
En 842, Charles Ier, visitant la province de Vermandois, prescrivit les mesures nécessaires pour mettre le château fort en état de repousser les attaques des Normands qui faisaient de fréquentes incursions dans le pays.
Un diplômé du roi Charles-le-Chauve de 853, portant confirmation d’un don fait à l’abbaye de Corbie, par la reine Ermentrude, désigne le château de Roye sous le nom de : Raugio Castrum.
Les moyens de défense s’étaient perfectionnés ; aux palissades avaient succédé des murailles flanquées de tourelles, qui s’étendaient dans un périmètre plus grand que celui du château actuel, et qui pouvaient mieux résister à une attaque ; c’est ce que l’on peut conjecturer de ce passage de Flodoard qui, en parlant de la prise de Roye, en 933, dit : Hugo munitionem nomine Raugam tradentibus eam Heriberti custodibus, sine difficultate cepit. Ces mots : Sine difficultate ne peuvent s’appliquer au peu d’importance des moyens de défense, car le terme : munitionem indique une forteresse d’une certaine valeur ; le petit nombre de défenseurs empêcha sans doute le château de mieux résister. C’est surtout le sort réservé par Hugues, à la garnison de Saint-Quentin, qui paralysa les efforts des assiégés ; ils avaient appris que le comte avait fait pendre ou hacher en pièces, les soldats qui avaient défendu la capitale du Vermandois.
Dans la relation des miracles de saint Angilbert, abbé de Centule, rédigée en 1110, Roye est désigné sous le nom de : Rogia castellum ; c’est à son château fort que s’adresse cette dénomination. Il constituait alors une véritable forteresse ; un camp retranché.

Emile Coët, historien royen célèbre

Extrait de :

  ROYE ET SON CANTON

 ROYE ET SON CANTON

   Jules Mollet (avec des compléments d'histoire d'autres historiens locaux)
   15 x 21 cm - 192 pages - avec cartes postales anciennes
 
 
 

 

 

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