
Au Moyen Age, en effet, la Picardie tenait une place honorable dans les annales du commerce et, quoique la circulation des marchandises fut lourdement entravée par les droits de travers, de péage, de tonlieus, etc. Abbeville, Amiens, Beauvais, Saint-Quentin et Péronne faisaient partie de la hanse de Londres, vaste société de trafic et de crédit établie à l’imitation de la hanse teutonique.
La grande industrie picarde était alors la draperie dont les produits étaient vendus aux grandes foires de la Champagne. Ces draps étaient teints en bleu avec la guède ou waide, plante d’une culture facile dont il y avait des entrepôts au Crotoy et à Calais, pour être vendue en Angleterre et en Hollande. Amiens était aussi le centre de l’industrie de la sayeterie, ou fil de Sayette, fait de laine peignée, filée au rouet et servant à composer les chaînes des serges de Crèvecœur et d’Aumale.
La Picardie faisait son commerce d’exportation avec l’Angleterre, la Hollande et la Suède par les ports de Boulogne, d’Etaples, de Saint-Valery et d’Abbeville.
Dès le XVe siècle, cette dernière cité comptait 200 charpentiers de navires et 400 capitaines de grand et de petit cabotage. Au commerce maritime venait s’ajouter celui du poisson dont la population faisait une grande consommation.
Il est encore une industrie à laquelle les écrivains de l’art culinaire ont rendu un éclatant hommage ; c’est la confection des pâtés d’Amiens dont l’origine remonte au moyen âge. La croûte de ces pâtés reproduisait, dit-on, le style de l’architecture du temps et était ornée de rosaces et d’ogives.
Extrait de :
HISTOIRE POPULAIRE DE LA PICARDIE
Rémy Morel
15.8 x 24 cm - 174 pages avec illustrations, cartes postales anciennes, documents.
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