Le brin d’osier utilisé en vannerie n’est autre que le rameau jeune d’un saule.
La naissance d’un petit saule.
Une graine, dans un délai de trois jours après avoir été éjectée du chaton, se retrouve coincée dans un milieu favorable : creux de sable ou d’humus mouillé, filet d’eau coulant de méandre en méandre entre deux rives, soudain elle décide de faire naître un saule.
Les choses vont alors très vite, elle se gonfle en quelques heures et le travail de germination se précipite.
Sensible à l’humus, le plantule est là, toute nue, se redressant et se laissant porter, pousser vers le salut : du sable humide ou de la boue écumeuse va lui permettre de prendre pied, du moins si l’eau continue de la baigner.
Les saules sont unisexués, les chatons mâles jaunissent tandis que les chatons femelles verdissent.
La fleur mâle a 2 étamines qui portent sur le côté, la soudure par où l’unique écaille se déchire, laissant s’échapper l’abondant pollen. La fleur femelle ne comporte qu’un ovaire pédiculé en forme de haute fiole à 2 longues lèvres moirées.
Toutes deux ont à la base un bourrelet nectarifère qui sert de première nourriture au printemps aux bourdons, guêpes et abeilles, ainsi la pollinisation se fait. Venant avant le feuillage, les inflorescences se signalent de très loin.
Les sacs vidés, les chatons mâles se dessèchent et tombent, mais la plante a préparé en réserve des bourgeons secondaires qu’elle peut faire avorter ou qui sont susceptibles de développement. Succède alors une croissance d’été qui, dès juillet, remplace le bourgeon terminal épuisé.
Les feuilles jauniront sur pied et ne tomberont qu’avec le vent de novembre.
Mais déjà leurs bourgeons florifères se tiendront prêts pour de nouveaux chatons.
On trouve diverses espèces de saules, près des cours d’eau, ils consolident les rives efficacement grâce aux longues racines entremêlées qui empêchent l’eau de les miner et d’emporter la terre.
L’espèce la plus souvent utilisée pour la grosse vannerie est le saule blanc ou argenté (Salix alba), il peut atteindre et dépasser 20 mètres de haut. C’est grâce au vent que l’on peut apercevoir les feuilles retournées couvertes d’un velours soyeux qui leur donne un aspect argenté. Les branches et les rameaux sont d’une vigueur énorme et se régénère à l’infini.
Chez certaines variétés de saule, lorsqu’un arbre est victime d’une attaque d’insectes, il déclenche son propre mécanisme chimique autodéfensif.
Les « balais de sorcière » (enchevêtrement d’excroissances parfois confondues avec des nids d’oiseaux) situés sur les branches de saules sont le résultat d’une infection de mites gallicoles qui entraîne le développement d’excroissances branchues.
Les chèvres aiment ses feuilles de saveur amère. Leur infusion est fébrifuge et antirhumatismale.
C’est à partir de ces feuilles qu’on a extrait l’acide salicylique dont l’aspirine est le dérivé le plus connu.
On l’appelait le « Quinquina indigène » car son écorce, plus amère encore, a été le fébrifuge majeur.

Autrefois, le décorticage de l'écorce de l'osier se faisait manuellement à l'aide d'un peloir.
Planter les saules...
Si on les élève pour avoir une tête bien garnie de bois, qu’on puisse couper tous les trois, quatre, cinq ou six ans, avec un grand bénéfice, sans s’embarrasser de la belle venue, on les plante en bâtons, qui sont des branches fortes, de mètres de long, dont on aiguise le plus gros bout (couper horizontalement, précisément au-dessous d’un bouton), et qu’on met en terrain humide.
Si on veut avoir des saules de plus belle venue, on prend des boutures de un mètre seulement, dont on enfonce 60 centimètres en terre.
Enfin, si l’on veut avoir de très grands arbres, propres à donner du gros bois, on prend de jeunes branches courtes, qu’on enfonce presque entièrement dans la terre, ne laissant au-dessus que deux, ou au plus trois boutons.
L’osier pour la déco et les jardins.
Jadis, on coupait les brins d’osier sur les saules têtards se trouvant le long des rivières ou des chemins humides.
Aujourd’hui on le cultive dans des oseraies, à par-tir de pieds mères. L’osier n’a pas forcément besoin d’une terre très humide, il lui faut cependant une
terre nourrissante.
On le coupe après les premières gelées et avant la montée de la sève.
La vie d’une oseraie est de 20 ans.
Les brins d’osier poussent d’avril à juillet et atteignent 2,50 m. d’août à octobre, ils deviennent durs et résistants.
Pour que les brins d’osier deviennent naturelle-ment blanc, on les place dans des routoirs (mise à l’eau) où ils repartent en végétation puis on profite
que la tige se gorge de sève pour retirer l’écorce.
Autrefois, pour écorcer l’osier on devait le passer dans un peloir, sorte de pince que l’on tient dans la main droite, on glisse le brin et on le tire de la main gauche pour ôter la pelure. C’était un long travail. Désormais, les vanniers utilisent des décortiqueuses électriques qui permettent de passer 30 ou 40 brins. A l’époque, ils fabriquaient presque exclusivement des mannes nécessaires aux travaux agricoles.
Le vannier va réhumidifier les bottes d’osier la veille de son utilisation pour retrouver sa souplesse.
Les outils du vannier sont les mêmes que jadis :
- une batte, pour tasser la trame des brins d’osier ;
- une serpette, pour couper ou entailler les bases des brins ;
- un poinçon, pour écarter la trame des brins d’osier afin d’y en adjoindre un autre ou pour tenir le panier.
Mais aussi une paire de petites tenailles, une pince et un sécateur. Ensuite c’est une affaire d’habileté manuelle...
- Pour réaliser une haie (ce qui est plus joli et moins cher que du grillage et qui donne de la verdure à la belle saison !), on se sert d’osier frais (ou vivant). On le plante dès qu’il est coupé, et ses feuilles reprennent au printemps suivant.
On peut aussi réaliser un quelconque élément de décoration au jardin : brise vue, cabane d’enfant...
- Pour fabriquer des paniers (du panier à bûches au panier à œufs ou à la barquette de fraises), on utilise l’osier écorcé (ou blanc). Pour cela, on le stocke trempé et on attend la nouvelle montée de sève au printemps. Dès qu’apparaissent les feuilles, il est écorcé et ses brins séchés au soleil. Ses écorces pourront servir de paillage au jardin.
- On peut prendre directement de l’osier brut (ou gris) pour différentes utilisations. D’abord, pour éviter sa déformation, on le met à sécher à plat pendant plusieurs mois, ensuite on le fait tremper 8 à 10 jours avant d’être travaillé. Les objets réalisés auront cependant une durée de vie limitée.
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