Cette ville, on le sait, s’appela primitivement Centule. Elle est mentionnée pour la première fois en 590, à l’occasion du passage de Saint-Colomban dans le Ponthieu. On a dit, et nous avons dit nous-mêmes que le nom de Centule provenait de ses cent tours :
Turribus a cenrum, Centula nomen hahet.
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On pourrait croire, d’après ce vers, que Centule était au premier rang des villes importantes du nord, dès l’origine de la monarchie française ; mais il y a lieu de croire que le vers que nous venons de citer est tout simplement l’œuvre de quelque moine qui cherchait au Moyen Age à faire à sa ville, une illustration dans le genre de celle que Pierre Leloyer faisait au XVIe siècle, au village de l’Anjou, dans lequel il était né. Il est plus raisonnable de penser que Saint-Riquier, avant la fondation de l’abbaye n’était qu’un bourg Vicus Centulus, qui a dû son accroissement au monastère, et qui s’est rapidement élevé au rang des villes, grâce aux immunités ecclésiastiques.
Sous Charlemagne, Saint-Riquier comptait 2 500 maisons et 14 000 habitants ; mais cette circonstance peut s’expliquer, selon nous, d’une manière satisfaisante par l’agglomération rapide de la population autour du monastère fondé par les Bénédictins. Hariulfe nous apprend que les dépendances les plus éloignées de Saint-Riquier étaient plutôt des cités que des villages, attendu que les habitants s’y trouvaient, grâce au patronage de l’abbaye, à l’abri de toute violence.
S’il en était ainsi pour des domaines éloignés, la population devait, à plus forte raison, se serrer autour d’un monastère qui avait pour sa défense les hommes les plus experts au métier des armes ; dans lequel les grands du royaume venaient chercher l’instruction, les pèlerins de toutes les contrées de l’Europe implorer des miracles, et où les malheureux étaient toujours certains de recevoir les secours dont la charité monastique se montrait prodigue dans ces temps de souffrance et de barbarie. Saint-Riquier, comme Abbeville, serait donc alors d’origine ecclésiastique. En 1210, cette ville est désignée dans les titres de son Hôtel-Dieu , sous le nom de Castrum.
La ville de Saint-Riquier portait d’azur semé de fleurs de lis d’or, au chef d’argent.
Extrait de :
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Choix de lectures historiques
sur le département de la Somme
collection En Somme n° 6 - avril 2016
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