On prétend qu’à l’époque romaine déjà la montagne avait été utilisée pour y créer des habitations. La Roche-Blanche est, en effet, percée de portes et de fenêtres (les points noirs aperçus de la route). Des pierres scellées, des escaliers, s’y retrouvent. Datent-ils en réalité de l’époque romaine ou sont-ils de facture récente?...
En 1848, des éboulements se sont produits engloutissant une partie des substructions anciennes ; les herbes folles, les arbrisseaux ont poussé dans les trous béants.
Le sol semble, lui aussi, s’être affaissé en maints endroits laissant sortir davantage les hautes poussées calcaires ; à une hauteur qu’il semble difficile d’atteindre, s’aperçoivent, vrais nids d’aigles, des ouvertures faites de mains d’hommes.
Des maisons qui ne datent point d’hier évidemment, mais sont pourtant récentes, ont été agencées dans le roc, constructions primitives car seule la façade est bâtie. Beaucoup de ces maisons sont abandonnées, d’autres sont occupées encore.
Les chemins abrupts grimpent en s’étageant les uns sur les autres, capricieusement. Parfois, on se trouve nez à nez avec les cheminées des maisons d’en bas ; si l’on s’assied sur les rebords de la cheminée, on a les toits d’en dessous comme petits bancs.
Tandis que, au milieu des ronces et des chardons qui encombrent les interstices du sol, je suis installé à l’une des extrémités de cette singulière Roche-Blanche, essayant de mon mieux d’en crayonner l’ensemble, j’aperçois à l’autre extrémité la silhouette de Georges se découpant sur le ciel ; il est juché tel un chat sur une gouttière. Mon compagnon croque et prend des notes, très tranquillement, préoccupé de ce qu’il fait, non de la situation peu banale où il se trouve... Il a comme moi ce principe qu’à la condition de ne gêner rien, ni personne, on a le droit de se mettre où l’on veut, comme on peut et de faire ce dont on a envie.
Il est fort à l’aise dans sa situation de chat perché, quand tout à coup je le vois faire un bond formidable tandis qu’autour de lui se dégage une fumée épaisse... Il semble un projectile sortant d’une bouche à feu, il est parti en l’air comme une fusée...
La scène est du dernier comique ; j’ai compris de suite de quoi il s’agit... Il est cinq heures, les gens d’en dessous, ne se doutant pas que leur cheminée est agrémentée d’un couronnement d’un genre nouveau, allument leur feu pour préparer la soupe. La... partie de Georges posant sur l’ouverture empêchait le tirage ; la chaleur, l’odeur de brûlé a donné l’éveil à mon gaillard qui, surpris, a fait un saut en ayant ; dégageant ainsi l’ouverture, la fumée accumulée est sortie à gros flocons.
Il est en arrêt à trois pas, il regarde étonné son siège fumant, il a l’air si penaud que j’éclate littéralement...
« Tu trouves ça drôle ? toi, me crie-t-il d’un air vexé ; moi, je la trouve idiote !... on n’allume pas du feu ainsi au « nez » des gens !...
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