Header cover
Publicité

Alençon, quelques souvenirs du Moyen Age

Le touriste qui visite, la ville d’Alençon n’est pas sans noter les différents tableaux que la Sarthe en sa traversée offre au talent des artistes. C’est sur le pont du boulevard le panorama d’ensemble de la cité, dont les dernières maisons au bord de l’eau, cherchent avec les saules et les arbustes à se mirer à travers les herbes et les nénuphars, alors que l’abside et la lourde tour Notre-Dame chargent de tout leur poids les constructions qu’elles dominent.
C’est le Pont-Neuf, et surtout le Pont de Sarthe, qui évoque en outre, par son voisinage de l’Hôtel-Dieu, les lointains souvenirs du moyen âge. En amont, la chaussée en diagonale brisée semble faire place aux arbres des jardins qui plongent leur verdure sur la rive ; de l’autre côté, en face le domaine de l’hôpital, les toits des lavoirs s’avancent irréguliers, surplombant la rivière, et la vue se récrée agréablement vers le bocage touffu de la campagne, qui laisse entrevoir les prés verts au tournant du tranquille cours d’eau. Quand l’heure tardive tient les habitants endormis, et que la surface de l’eau, plissée au souffle de la nuit, plaque de grandes ombres ou reflète les scintillements d’étoiles, le site transporte la pensée aux rêveries quiètes et douces, à l’émerveillement d’une intraduisible inspiration d’art pictural.
Plus pittoresque encore était jadis le site du Pont de Sarthe. Là s’élevait une des portes d’entrée de la ville, « composée de deux grosses tours »fortifiées, mais « bien moins fortes cependant que celles des autres portes, parce que, explique l’historien Odolant Desnos, elle était défendue « par la Sarthe qui en baignait le pied, par le boulevard, et par plusieurs barrières fortifiées du côté du Maine, dont on apercevait encore quelques restes » en 1787. Les tours possédaient, comme les murailles, une galerie sur machicoulis permettant aux défenseurs de lancer des projectiles Mœurs urbaines sur les assiégeants. « Dans l’une de ces tours était le moulin d’Arondel » ou Moulin du Pont de Sarthe, le plus considérable de la ville, qui prit plus tard le nom de Grand Moulin. Par là on accédait, au moyen de deux ponts-levis, à la forteresse du Boulevard, établie dans un flot formé par la division de la Sarthe en deux branches, et au faubourg de Montsort, province du
Maine.

Extrait de :

 

 
 Les p'tites histoiresAU TEMPS JADIS - CHOSES NORMANDES 
 Léon Boutry
 
 15 x 21 cm - 204 pages - Illustrations de Léon Le Clerc
 Pour en savoir plus sur ce livre...
 
 
 
 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :