
La Maison conventuelle des Ursulines (sur les lieux du collège Saint-Stanislas) se dressait un peu après l’hôtel de l’Europe. Il devint après 1790 une caserne, puis dès 1806 dépôt d’étalons de l’Etat, enfin Maison diocésaine d’éducation de Saint-Stanislas, collège Saint-Stanislas de jeunes filles jusqu’en 1905, année de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
En octobre 1642, les Ursulines d’Abbeville quittèrent l’hôtel de Gamaches (actuelle école maternelle du Beffroi, rue Gontier Patin) pour s’installer dans le couvent de la Chaussée du Bois dont les plans avaient été établis par Mère Anne de Saint-Paul (Mlle Bourgeois dans le privé). L’édifice comportait quatre corps de bâtiments en briques et pierres. Au rez-de-chaussée, c’était le cloître sur les quatre côtés entourant une cour carrée.
En 1739, une aile du cloître fut détruite par un incendie, mais ne fut pas reconstruite.
Sur la droite, un peu en avant de ce cloître, s’élevait la chapelle dont le portail épargné par le bombardement du 20 mai 1940 se dresse de façon ostensible et s’aperçoit depuis la chaussée du Bois. D’autant plus qu’il a été restauré de façon exemplaire il y a quelques années.
Les restes du cloître sont donc derrière ce portail et la salle des fêtes actuelle. Les piliers de pierres blanches, hauts de trois mètres cinquante, sont cantonnés sur la face extérieure d’un pilastre à chapeau ionique, surmonté d’une urne funéraire ornée de draperies. Les arcades et les fenêtres sont ornées de clés sculptées représentant alternativement des anges aux ailes éployées et des rinceaux. De chaque côté des fenêtres, sur le chaînage de pierres, on voit un ornement peu saillant, en forme d’aileron. A partir de la 3e arcade, l’aile gauche montre un décor beaucoup plus simple, certainement après restauration, ce qui ne nuit pas à l’ensemble.
Les Ursulines logèrent dans ce couvent jusqu’à la Révolution puis il devint un dépôt pour les équipages militaires et une caserne pour la troupe, pendant que la chapelle servait de magasin aux fourrages. De 1806 à 1867, il fut un dépôt d’étalons, autrement dit un haras. En 1869, s’y installe l’Institution ecclésiastique d’enseignement secondaire Saint-Stanislas, et ce jusqu’en 1905, date de sa fermeture en vertu de la loi sur les congrégations.
Le bâtiment aurait été inoccupé jusqu’à la Première Guerre mondiale. En 1923, ils font à nouveau office de caserne. Puis en 1924, il devint le collège de jeunes filles, dénommé collège Jules Ferry, dont la réputation fut excellente.
En 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les autorités militaires le réquisitionnèrent, bien qu’il fut l’un des plus remarquables fleurons de l’architecture du XVIIe siècle. C’est pourquoi nous regrettons que, incendié le 21 mai 1940, il soit devenu complètement inutilisable.
Gérard Devismes
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