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Trois villages en Vermandois

 

Le Vermandois ? Oui à l’est de la Somme, proche du Nord, du Pas-de-Calais et de l’Aisne. Ce pays du Vermandois est d’ailleurs partagé entre la Somme et l’Aisne.

 
On peut en fixer schématiquement les frontières en le plaçant à l’intérieur d’un quadrilatère limité par Péronne, Ham, Saint-Quentin et le Catelet. Au centre, le bourg de Vermand haut lieu historique, siège des Comtes de Vermandois. Du point de vue géographique, il se caractérise par des collines ondulantes, souvent couronnées de bois, restes de la forêt d’antan, trois rivières principales, la Cologne, l’Omignon et bien entendu la Somme. Pays agricole aux terres de qualité inégale, il a vu s’installer une industrie agro-alimentaire et l’I.N.R.A. à Estrées-Mons.
Ce qui a longtemps fait l’unité de ce pays, c’est son patois proche de celui du Nord. Il survit encore grâce à des troupes de théâtre patoisante. Ne sommes-nous pas dans la patrie de Crinon dont vous découvrirez la statue à Vraignes-en-Vermandois et de Gustave Devraine, tous deux poètes patoisants ?
Terre d’invasion, son histoire est chargée. Les vestiges vont de la hache préhistorique aux bombes de la grande guerre en passant bien entendu par les villas romaines.
Elle fut tout d’abord naturellement la propriété des comtes de Vermandois puis des châtelains de Péronne et des seigneurs de Roye.
Situé sur la route des invasions, ce pays a beaucoup souffert. En particulier durant la Grande Guerre qui l’a privé d’une bonne partie d’un riche passé. Loin de la côte picarde, le Vermandois offre pourtant aux amoureux de la nature, le calme, la sérénité de ses paysages variés. Vous y trouverez parfois des vallées profondes, cernées de bois qui vous rappelleront les Ardennes proches. Vous y rencontrerez une faune sauvage abondante. Il n’est pas rare de rencontrer, à l’orée d’un bois, un troupeau de chevreuils. Bonne occasion pour les photographes. Le sanglier est lui aussi présent mais c’est un noctambule !
 
Nos trois villages sont situés au bord de la même route départementale qui serpente au fond d’une vallée sèche en partant de Péronne. Pour découvrir les deux premiers, Driencourt et Templeux-la-Fosse, ouvrez bien l’œil : ils sont nichés au fond de deux vallées profondes adjacentes, ce qui en fait leur charme. Le troisième, Guyencourt-Saulcourt, domine sur le plateau et a su attirer l’attention en devenant le village le plus fleuri, hors concours.
 
DRIENCOURT
Adriani Curtis, domaine d’Adrien, successivement appelé Driercurt (1096) puis Drencort et enfin Driencourt a pour patronne Sainte Radegonde. L’église du XVe a été hélas détruite pendant la Grande Guerre et ne subsiste plus aujourd’hui que les deux piliers de l’entrée du cimetière. Il existe encore des muches qui furent utilisées pour la dernière fois en 1914. L’entrée est aujourd’hui bouchée.
 
TEMPLEUX LA FOSSE
C’est probablement sa position au fond d’une vallée profonde qui lui a valu le surnom de La Fosse. Il paraît assez vraisemblable que Templeux dériverait de templum ou templacium s’appliquant aux chevaliers teutoniques. Le premier titre date du XIIe siècle : Templeux ou Templous en 1215. Ce village doit probablement son origine au donjon seigneurial et son accroissement à la maison religieuse des Mathurins, chanoines réguliers de la Ste Trinité.
Le manoir des Comtes Daru, reconstruit après la Grande Guerre, domine toujours le village.
 
GUYENCOURT-SAULCOURT 
Deux villages en réalité avec l’église en leur milieu. A noter, un monument aux morts napoléonien dans le cimetière. Guincourt en 1174. Quelquefois cité sous le nom de Wiencort, Wiencourt et Guiancourt. Au XVIe siècle le domaine appartenait à la branche illustre des d’Estourmel-Surville qui fit une fondation remarquable en faveur de N.D. de Moyen-Pont située près de Marquaix-Hamelet.
L’origine de Saulcourt est impossible à déterminer mais il est sûr que ces deux villages ont été longtemps rattachés à Longavesne.

Caractéristique commune à ces trois villages : situés entre la ligne de front et la ligne Hindenburg, ils ont été détruits entièrement durant la Grande Guerre, en 1917.

SOURCES : ABBÉ DE CAGNY, BIBLIOTHÈQUE DE PÉRONNE.

B. Léguillier

 

 

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