
La plupart des rues moyenâgeuses, surtout celles du centre et des quartiers anciens, sont très étroites, sinueuses, mal alignées et encombrées de gravats, de fumier, de boue, donc malpropres. Du fait que partout il y a des granges, des étables, des bergeries, des abreuvoirs, des mares, et que les bestiaux circulent librement. Lorsque ces entassements sales et malodorants gênent la circulation à pied, à cheval, en mule dans le centre ville, l’échevinage les fait ramasser et déposer à l’extérieur des remparts. Dans les autres quartiers, les habitants les enlèvent eux-mêmes et les jettent dans les rivières. Les rues sont encore si sales au XVIe siècle que, pour le mariage de Louis XII, on enleva 26 tombereaux d’immondices et détritus place St Pierre.
Pour les paver, on utilise des galets provenant de Blanquetaque (lieu-dit du gué sur la Somme, entre Saigneville et Port-le-Grand) et des petits carreaux de grès. Elles furent longtemps malsaines, pénibles à emprunter, souvent défoncées, ce qui occasionnait beaucoup d’accidents. Par sécurité, certaines ont leurs entrées plus étroites que le reste, donc on peut les barrer facilement en cas de danger.
Dès le XIVe, la ville a une horloge publique, installée en 1480 au Bourdois (hôtel de ville). Au Moyen Age, chaque métier avait son propre quartier et les rues portaient les noms des corporations (rue de la boucherie, de la harenguerie, de la poissonnerie, etc.). D’autres tiraient leur nom d’églises, de couvents ou d’ordres religieux qui s’y trouvaient, d’autres encore de notables…
Extrait de :
HISTOIRE D’ABBEVILLE et de sa région