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Le pain de ménage en Picardie

 

Le pain de ménage en Picardie

 

L’’absence de pain dans une famille indique que la misère et la famine se sont installées. Sa présence est le signe qu’au moins le nécessaire ne fait pas défaut.
Chaque foyer possède son four à pain. C’est le vendredi ou le samedi que l’on y cuit “le pain de ménage” pour la semaine.
Le pain est consommé avec respect, debout, le père de famille prend une miche neuve, il dessine au dos de cette miche le signe de la croix à l’aide de son couteau, puis il coupe et distribue une tartine à chacun.

Courbée en deux, manches retroussées, elle brasse la farine, eau, sel et pétrit la pâte dans la huche ou dans le  rondelet”, petite cuve en bois de 40 à 50 cm de diamètre et de 15 à 20 cm de haut. Elle allume dans le four des fagots d’épine et, dans le Vimeu, du jonc marin ou “romarin”, qui donnent au pain un arôme excellent.
Le four est suffisamment chaud quand frottant la consigne (tisonnier) sur une brique de l’intérieur elle provoque des étincelles.
Alors, à l’aide d’un fourgon (longue tige de fer) on pousse les braises rouges sur un côté du four et on enfourne chaque miche de pain en la faisant glisser d’une grande pelle de bois, et on n’oublie pas de fermer la porte du four.
Pendant que le pain cuit, on prépare la deuxième fournée qui exige un four moins chaud et où dorent les pâtisseries de la semaine.
Le reste de pâte à pain est la base de recettes variées : le “bigalan sec” (une couche de pâte saupoudrée de farine, un peu de saindoux et une autre couche de pâte), la “badrée” (bouillie de farine salée ou sucrée), la “bisette” (galette bise) et diverses flamiches.

 

Extrait de : 

  Cuisine picardeLES " FICELLES " DE LA CUISINE PICARDE

  HISTOIRES ET RECETTES

  Michel François

 15.5 x 22 cm - 160 pages avec illustrations

 Pour en savoir plus sur ce livre...

  

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