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Le Marquenterre, étude historique et généalogique

 

   Suivant l’étymologie, historique maris Cantii ou Quentii terra, la principale ville de ce pays dans les temps reculés n’aurait pas été Rue, mais très probablement Quend, du côté de l’Authie. Le Marquenterre a été anciennement presque entièrement couvert d’eau ; la mer, que n’arrêtait encore aucune digue, le couvrait deux fois par jour et transformait les lieux bas en bâches salées ; les rivières s’y répandaient sans obstacles : on peut dire effectivement, avec M. Lefebvre de la Houplière, que la Somme rencontrait alors la mer à Noyelles et que l’Authie la rencontrait à Villers. Quant à la Maye, sauf aux heures où la mer est le plus bas, elle devait fuir de différents côtés avec les masses d’eau qui remontaient jusqu’à Rue. On a trouvé, d’ailleurs, que sans les digues qui fixent son cours actuel, elle traverserait encore aujourd’hui le terrain de l’étang de Rue et les grands marais qui suivent, puis les territoires de Favières et du Crotoy, pour se jeter dans la mer, un peu au-dessous le l’ancien port de ce lieu. 

Le Marquenterre, étude historique et généalogique

 
 

Le Marquenterre, étude historique et généalogique
 
 LE MARQUENTERRE
 Etude historique et généalogique   
 
  Ernest Prarond
 
  15.8 x 24 cm - 196 pages avec cartes postales anciennes.
 
 
 
 
   Extrait : Le beffroi de Rue
   Le beffroi de Rue existe encore, il se compose d’une grosse tour carrée à trois étages, couverte en ardoises et flanquée vers le haut de quatre petites tourelles aux toits pointus, également couverts en ardoises. Le rez‑de‑chaussée se compose de deux compartiments dont l’un sert de prison pour les tapageurs et les ivrognes. Le premier étage nous présente une assez grande pièce qui n’est affectée à aucun usage, mais où l’on pourrait établir, selon les intentions du maire actuel, M. Doudou, une bibliothèque publique. C’est un projet auquel nous ne saurions trop applaudir. Ne serait‑il pas praticable en effet de créer ainsi des bibliothèques populaires dans chaque commune ? Une pièce de la maison commune ou de l’école communale servirait de bibliothèque. La salle de lecture attiendrait toujours dans tous les cas à l’école et serait ouverte le soir et le dimanche sous la surveillance de l’instituteur. L’Ecosse et la Suisse nous ont devancés depuis longtemps dans cette institution des bibliothèques populaires. M. Desgardin, maire du Crotoy, a depuis peu pris l’initiative de cette création dans sa commune. La voûte du second étage du beffroi s’est enfoncée et serait grandement à réparer.
   Le troisième étage n’est, à proprement parler, qu’une plate‑forme avec balustrade, au milieu de laquelle s’élève un petit clocher. La cloche qui était autrefois, dit‑on, dans l’église, porte : « L’an 1713, j’ay été bénite par M. François Lhoste et Me François Duval, curé de ce lieu, et nommée Marie‑Louise par Me Louis Maupin, seigneur de Bomet, Neuville, Pors, banlieue et autres lieux, et maire en charge de cette ville et demoiselle Marie‑Gabrielle Grumel, épouse de H. H. François, Loisel, ancien maire, conseiller du roy, et son procureur au grenier au sel de Rue. Estienne du Cray et Jacques du Cray, m’ont faite. » Un grand cadran d’horloge indique les heures sur la façade du beffroi de Rue.
 
 
Le Marquenterre, étude historique et généalogique
 
 

 

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