Il en est parlé pour la première fois en l’an 800 comme d’un lieu fort et magnifique ; au Moyen Age, il a dû faire place à une autre forteresse, dont il ne reste plus aujourd’hui que quatre bastilles en pierres et en briques placées diagonalement en regard les unes des autres comme des forts détachés destinés à défendre le corps de la place ; un souterrain, en croix de Saint-André, allait de l’une à l’autre ; l’épaisseur des murs est de 4 mètres. Suivant Scellier, des pièces d’artillerie garnissaient encore de son temps les boulevards du château de Moreuil, qui restait toujours en état de défense.

Ces quatre bastilles sont en forme de fer à cheval et renferment une cour dans leur centre ; deux d’entre elles sont couvertes, au rez-de-chaussée, d’une voûte d’arête à nervures divergentes aboutissant à une clef centrale. Sous la bastille de droite, en entrant, s’étendent des souterrains qui ont dû servir de prison, vu les anneaux qu’on remarque dans les murs et la trace de trois verrous dans les embrasures des portes (Goze). Dans l’une des tours du château se trouve une élégante chapelle dont la construction, commencée en 1866, fut achevée en 1874. Au-dessous est une crypte très ancienne, laissée dans son état primitif ; elle contient un groupe moderne composé de figures de grandeur naturelle, et a pour sujet la mise au tombeau du Christ. L’autel est formé d’un bas-relief en bois très ancien représentant la cène. Sur des plaques de marbre blanc se lisent les noms des abbés de Saint-Vast. Au-dessus de cette crypte se trouve la chapelle haute, consacrée à Notre-Dame de Lorette. Ce riche sanctuaire est construit dans le style du XIIIe siècle.
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