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Guillaume de Normandie, grand politique et habile capitaine

 

Qui était Guillaume le Conquérant ?

Guillaume le Conquérant

 

Depuis tantôt un grand siècle, les Normands s’étaient établis dans l’ancien royaume de Neustrie ; sous le règne de ces habiles ducs de Normandie, la riche province était devenue la rivale heureuse du royaume de France. Affermis sur ce trône par leur prudence, heureux et fiers de commander aux plus braves soldats du monde, les ducs de Normandie avaient agrandi, au-delà de toute mesure, cette autorité si bien commencée. Du dixième au onzième siècle, vous retrouvez en tout lieu et en toute occasion nouvelle l'influence normande : l'Italie leur appartient pour une bonne part, l'Allemagne et la Flandre sont intéressées par des alliances, au règne de ces conquérants ; le Bas-Empire à tremblé devant ces guerriers redoutables ; bientôt, quand l'Angleterre sera conquise, vous verrez le Danemark et la Suède, la Norvège et l'Espagne, l'Écosse et l'Irlande, dominés par l'autorité de ce vassal-roi, devant qui la France s'incline avec crainte. – Cette idée de la Grande-Bretagne à conquérir avait fait battre le cœur de tous les ducs de Normandie, à commencer par Rollon lui-même. C'était là, pour nous servir d'une admirable expression de M. de Lamartine, la dot que chacun d'eux apportait à la fortune de son duché. Il était moins difficile, peut-être, aux Saxons de prendre l'Angleterre que de prendre la Normandie au fils de Charlemagne ! Voilà ce que se disait le jeune duc Guillaume de Normandie, chaque fois que son regard sérieux se portait du côté de cette île de la Grande-Bretagne, qui se montrait à lui sous les apparences de trois royaumes. Déjà, à seize ans, le fils d'Arlette annonçait le grand politique et l'habile capitaine qui devait réaliser les rêves de sa maison. Sa taille haute et fière, son noble visage, son esprit pénétrant et vif, sa colère subite et terrible, ses longues rancunes, sa prévoyance, son courage, sa patience dans les temps difficiles, n'avaient pas échappé aux moins clairvoyants. Qui lui résistait, était brisé ; qui lui était ami, pouvait se fier à ses promesses. Entouré de vassaux, trop puissants pour rester obéissants à leur seigneur, il châtia les plus fiers, il bannit les moins dociles, enseignant aux uns et aux autres l'obéissance et le respect. C'était sa maxime favorite que « les Normands veulent être gouvernés ; donnez-leur un maître habile, ils sont invincibles ; lâchez le frein, ils se perdent les uns les autres dans mille séditions. » 

 

Guillaume “le bâtard”

On sait que Guillaume II, surnommé le Bâtard, naquit d’un commerce illégitime entre le duc Robert et Arlette, fille de Foubert, pelletier, d’autres disent brasseur et bourgeois de Falaise. « Le duc Robert étant un jour à Falaise vit une fort belle et gracieuse damoiselle nommée Arlette, fille d'un bourgeois de la ville, laquelle fut si bien à sa grâce qu'il la voulut avoir pour amoureuse ». Après un récit beaucoup trop naïf pour être rapporté, le chroniqueur ajoute : « Une nuit, Arlette songea que de son corps issoit un arbre croissant vers le ciel, si grand qu'il ombrageoit toute la Normandie. »

 

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