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Foires et marchés à Airaines

 

Airaines possède d’ancienne date le privilège de foires et marchés. En effet, Hip. Cocheris, dans ses Notices et extraits des documents manuscrits, conservés aux dépôts publics de Paris et relatifs à l’histoire de Picardie, signale : A. I. Cab... des Chartes C. C. 147, une permission, qui remonte à 1114, d’avoir à Airaines, 1° un marché qui se tiendra le lundi de chaque semaine ; 2° une foire marchande de huit jours chaque année, à la fête de saint Luc, le 18 octobre. Nous avons en vain cherché nous-mêmes et fait rechercher à Paris, dans les dépôts signalés, l’acte authentique de la permission dont il est ici question, il nous a été impossible de l’avoir. Cependant Hip. Cocheris semble bien l’avoir eu sous les yeux. Il eut été intéressant pour nous de le parcourir, de le transcrire et de connaître à quelle occasion avaient été faites ces concessions. Ces jours de marchés et de foires ne sont plus les mêmes et ont reçu quelques modifications que nous allons signaler. Nous ne saurions cependant préciser à quelle époque et pour quels motifs se firent ces changements. Déjà D. Grenier, dans son XXVIe vol., cite ces jours tels qu’ils existent encore aujourd’hui, sans entrer dans d’autres détails. « Airaines, écrit-il, foires les 16 mai, le 1er octobre et le 23 novembre, marchés ordinaires le vendredi. » Les foires portent encore les désignations suivantes : la mi-mai, la Saint-Remi et la Saint-Clément. Pour être complet ajoutons la foire du Vendredi saint. - Le marché franc a lieu le second vendredi de chaque mois.

Foires et marchés à Airaines

 

Pour la tenue de ses marchés Airaines possède deux halles assez vastes. La plus grande située au milieu de la place du marché, était affectée à la vente des grains. Un grenier spacieux permettait d’y remiser les grains non vendus et que les cultivateurs ne voulaient pas remporter. La seconde halle moins grande que la première, est située un peu au-dessous de l’Hôtel de Ville et était spécialement affectée à la vente des toiles et du fil, de là son nom de halle aux toiles. Ces deux halles furent bâties un peu avant la Révolution, en 1789, par les ducs de Luynes et de Chevreuse, qui étaient alors seigneurs d’Airaines. Leurs héritiers en restèrent propriétaires jusqu’au 30 avril 1816. Une ordonnance royale en consentit à cette date l’acquisition par la municipalité d’Airaines. Cette acquisition fut faite par M. Tripier, alors maire de ce pays, moyennant la somme de 6 573 francs, prix des deux halles et 5 207 francs pour prix de leur location depuis le 10 juin 1790, plus 500 francs pour prix des instruments de pesage et de mesurage et frais d’expertise. Ces deux halles ont perdu de leur importance par suite des modifications survenues depuis quelques années dans les marchés. D’abord on n’y vend plus ni fils ni toiles, ensuite les grains n’y apparaissent plus qu’en petites quantités, on vend et on achète à domicile, au poids et sur échantillons. De là pour la ville une grande diminution dans ses droits de mesurage et de pelage qui tendent à devenir nuls ; les droits d’étalage seuls, payer par les marchands, donnent encore quelques produits.

 

Extrait de :

airaines  AIRAINES
 HISTOIRE ET ARCHEOLOGIE 
 
 Abbé Marchand
 
  14.5 x 20.5 cm - 296 pages Photos et dessins N/B
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