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Description de la porte d'entrée du château de Coucy

Un dessin d’Androuet du Cerceau donne une idée des défenses extérieures de la porte d’entrée aux XVIe siècle. Pour franchir le fossé, large de vingt mètres, il fallait passer sous deux portes, en traversant un pont de bois à deux bascules qui reposait sur deux massifs de maçonnerie et sur les piles de deux petits corps de garde isolés. En 1829, leurs débris furent enfouis sous le remblai actuel. Le parement extérieur de la porte est arraché, mais on voit encore de chaque côté les rainures des trois herses qui glissaient entre des arcs en tiers-point. Au XIIIe siècle, la porte était flanquée au revers de deux grandes arcades en tiers-point ; celle de gauche encadre une archère ; celle de droite, à mur plein, fut convertie en logement à l’époque moderne. Je suis persuadé que le corps de garde, désigné par la lettre H sur le plan de Viollet-le-Duc, et dont il reste les substructions, fut une addition de la fin du XIVe siècle, car il est évident que les piédroits, les écoinçons et les claveaux des arcades n’étaient pas destinés à être englobés dans un bâtiment quelconque. A son point de rencontre avec la chemise du donjon, le mur ne présente aucune trace de collage, mais au niveau du sol on voit la feuillure d’une porte relancée dans les assises primitives et l’ouverture d’une fosse d’aisances rectangulaire appliquée après coup contre le parement du fossé.

Description de la porte d'entrée du château de Coucy


A gauche de l’entrée, le sommier d’une branche d’ogives aux arêtes abattues venait s’incruster dans les claveaux de l’arcade aveugle, déjà signalée. Comme le profil de la nervure est identique à ceux des voûtes faites vers 1385, sous les salles des Preux et des Preuses, de l’est à l’ouest, il faut en conclure que le corps de garde carré, divisé par quatre piles centrales en neuf travées et recouvert de croisées d’ogives, avait, été ajouté à la même époque. L’architecte du XIIIe siècle avait calculé que la porte de la basse-cour suffirait à tenir en échec l’assaillant. D’ailleurs l’ennemi qui aurait voulu forcer l’entrée du château se serait fait écraser par les projectiles lancés du haut du donjon et de la grosse tour de l’est. Il était donc inutile d’adopter la même disposition qu’à la porte de Laon, mais une chambre de manœuvre des herses devait s’élever au milieu de la courtine, défendue par une bretèche.

 

Extrait de :

 

Sites et monuments

 LE CHÂTEAU DE COUCY
 
  Eugène Lefèvre-Pontalis

 
15 x 21 cm - 108 pages - Illustrés de 36 gravures et de plans (datant de 1928)

 Pour en savoir plus sur ce livre...

 

 

 

 

 

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