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Bains et jeux d'été au Crotoy à la Belle Epoque

 

Bains et jeux d'été au Crotoy à la Belle Epoque

 

Le début des bains.

Face à l’ensablement de son port, Le Crotoy semble tourner ses aspirations vers d’autres entreprises. L’usage des bains de mer, qui se généralise de plus en plus, et auquel toutes les localités voisines de la mer semblent vouloir prendre part, s’est aussi établi au Crotoy. Vers 1840, le sieur Fanthomme commença par construire sous la butte du moulin, et contre les anciennes murailles de la ville, un petit réduit en planches qu’il décora du titre d’établissement des bains Fanthomme. Des personnes des environs, puis d’Abbeville et d’Amiens, commencèrent par y venir. La plage, toute de sable fin, chauffée par le soleil, est douce, agréable aux pieds ; les vagues n’y ont point cette rudesse des bains en pleine côte qui convient aux constitutions vigoureuses ; elles ondulent ici plus mollement et conviennent particulièrement aux personnes faibles, aux jeunes femmes, aux enfants maladifs. Beaucoup, si ce n’est tous, y recouvrent la santé et les forces. Aussi le Crotoy est-il spécialement fréquenté par une clientèle de jeunes personnes et d’enfants. On avait même parlé d’y fonder un hôtel de convalescence pour la jeunesse ; une société de médecins de Paris s’était formée à cet effet, mais le projet paraît avoir été abandonné faute de fonds.

 

Des régates pour les enfants.

Les enfants étrangers se plaisent beaucoup au Crotoy parce que la plage de sable est convenable à leurs jeux ; à marée-basse ils courent avec les enfants du pays sur la grève ; ils se déchaussent, marchent pieds nus dans les petites mares d’eau laissées par la mer et dans lesquelles ils lancent de petits navires. Cet exercice, fait sous les yeux des parents, est très salutaire à la santé, et c’est sans doute à cette cause qu’il faut principalement attribuer le bon effet des bains de mer du Crotoy sur les enfants rachitiques et de mauvaise venue. Il a donné à MM. de Puyraimond fils l’idée d’établir au Crotoy des régates d’enfants. Chaque année, à un jour désigné à l’avance, chaque enfant se présente avec son petit navire, qu’il oriente à sa manière pour lui faire atteindre le plus près possible le but placé sur l’autre côté du chenal. Après le concours, les prix sont distribués, et Mme de Puyraimond console les moins heureux par des distributions de bonbons. Ce spectacle est très amusant et rempli d’intérêt.

 

Extrait de : 

Sites et monuments LA CÔTE PICARDE À LA BELLE ÉPOQUE

 

 Collectif

 
  15.8 x 24 cm - 132 pages avec plans, cartes postales anciennes

  Pour en savoir plus sur ce livre...

 

 

 

 

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