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Abbeville : mai 1940, la "guerre-éclair"

 

Abbeville : mai 1940, la "guerre-éclair"

Photo extraite du site internet de la Société d'Emulation d'Abbeville

 

Personne ne s’attendait à cette blitz-krieg (guerre-éclair). Pourtant le 10 mai, première alerte : bombardement aérien rue aux Mulets, cimetière de la Chapelle, sucrerie et… 2 morts boulevard de la République. Notre front était percé du côté de Sedan et les troupes de Guderian se ruaient vers la Manche, tandis que les réfugiés de Belgique et du Nord évacuaient vers le sud ou l’ouest. Dimanche 19 mai : un ciel particulièrement animé de crépitements. Lundi 20 mai : 1er coup de canon de notre DCA à partir de 9 h… et jusqu’à 17 h. 30, des vagues successives d’escadrilles nazies déversent des tonnes d’engins explosifs et incendiaires sur la cité, apportant la destruction et la mort dans de nombreuses rues notamment du centre ville, sur nos monuments dont la collégiale St Vulfran et sur nos vieilles maisons. Les évacués belges et flamands sont eux aussi pris dans le piège. Les pompiers du capitaine Pleurdeau s’activent à éteindre les foyers. Des actes de dévouement se manifestent pour soigner les nombreux blessés, pour relever les morts, à l’exemple de la vaillante sœur Saint-Charles… Pendant que la ville brûle, une tragédie se déroule au kiosque à musique de la Porte du Bois. En ce lieu, 78 civils arrêtés en Belgique comme suspects sont enfermés toute la nuit du 19 au 20 mai et la matinée du 20. En début d’après-midi, 21 d’entre eux (de 6 nationalités différentes) sont fusillés sans jugement par ordre d’un capitaine français faisant fonction de commandant de la Place d’Abbeville. Heureusement, le lieutenant Leclabart arrivé in extremis fait stopper le carnage et sauve ainsi les 57 autres vies. En définitive, une bien triste affaire qui n’a jamais été élucidée totalement. A 20 h., deux motocyclistes et une douzaine de chars apparaissent, stationnant sur la place Clemenceau demeurée intacte. 

C’est seulement le lendemain 21 mai que les Allemands en nombre prennent possession de la ville dont les ruines fument sinistrement. Ils n’ont pas encore franchi la Somme et pris pied sur sa rive gauche. Ils tentent un essai, mais le colonel De Gaulle qui veille de son quartier général de Moyenneville les repousse en leur infligeant de sérieuses pertes. Ils repassent la Somme en désordre, au pont tournant de la Portelette. Pour pallier l’absence de la Municipalité qui a quitté la ville, un Conseil de gérance sous la direction de Marcel Le Moyne est mis en place du 24 mai au 28 juillet 1940, pour assurer le ravitaillement et la distribution des vivres. L’Administration municipale, qui avait quitté la ville le 20 mai à midi et n’est rentrée que le 28 juillet. Entretemps, les 27, 28 et 30 mai, a lieu la dernière tentative pour reprendre la ville : la bataille d’Abbeville, conduite par la 4e division cuirassée de De Gaulle à partir du village de Huppy. Des accrochages sérieux se déroulent à Liercourt, Erondelle, Bray, Mareuil, Béhen, Villers, Caubert, Miannay, Yonval, sur les monts de Caubert, sans succès. Hélas ! malgré une dernière tentative de la 51e division écossaise le 4 juin, la bonne occasion est passée. Cette bataille d’Abbeville, dernier baroud d’honneur, se solde par l’échec final le 7 juin.

 

Extrait de : 

Abbeville histoire  HISTOIRE D’ABBEVILLE et de sa région
 des origines à l’aube du XXIesiècle 
    
 Gérard Devismes
 
  14 x 21 cm - 264 pages
 
 

 

 

 

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