C’était, il y a deux siècles, un port de pêche très connu, avec amirauté, grenier à sel et un bureau de traites foraines. Il y avait des corderies, des chantiers de constructions, une halle et une population de 5 000 habitants. En 1698, on y comptait encore 24 bateaux de pêche dont 14 de plus de 20 tonneaux. L’intendant général de Picardie, Bignon, dans son mémoire de cette époque, dit que ces bateaux, plus forts que ceux de Boulogne, tenaient la mer plusieurs jours, et que, précédemment, le port avait eu une importance égale à celles de Dieppe et de Boulogne.
La mer, qui est furieuse dans l’angle que forme la côte à la falaise d’Ault, détruisit peu à peu la crique qui formait le port et la falaise qui lui servait d’abri, tellement qu’un siècle après, il n’en restait plus de traces : en 1780, les bateaux allaient se réfugier au Tréport ou au Hourdel. La destruction de la falaise atteignit le bourg d’Ault même ; chaque jour encore, les marées en sapent le pied : il n’est point d’année où la marée n’enlève une portion de jardin, une maison, un bout de rue, forçant ainsi les habitants à remonter dans le haut du vallon pour se soustraire à l’action destructive de ce dangereux voisinage.
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AULT ET SES ALENTOURS
Histoire et archéologie
Ernest Prarond
14.9 x 21 cm - 110 pages
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