A l’extrémité du pays se trouve le cap Cornu, qui garde la mémoire de celui qui fut grand apôtre du Vimeu dans les âges barbares ; Saint-Gualaric ou Valery. « Le cap Cornu, a dit M. Anatole France, est magnifique et sauvage, et il est plein de souvenirs ». En effet, ce cap, tourné vers l’Ouest, est revêtu d’admirables ormes à travers lesquels, vers la fin du jour, saigne le vitrail splendide du couchant. La vaste baie de la Somme toute tapissée d’étranges verdures, perce-pierre, immortelles de mer, absinthe sauvage, toute parsemée de lagunes où le crépuscule jette des reflets sinistres, s’étale et se déroule jusqu’à la pointe du Hourdel. Il est des soirs où ce site apparaît comme une solitude dantesque, vouée à des mystères infernaux.
Des chemins creux, tapis sous les buissons, les ronces et les ormes francs conduisent de la chapelle de Saint-Valery qui couronne le promontoire au quartier rustique de l’Abbaye. Le monastère des anciens bénédictins, dont peu de débris subsistent, se trouvait hors les murs. On entre dans la minuscule Haute-Ville par la porte Guillaume, voûtée en ogive et flanquée de deux tours massives que fleurissent des œillets roses. M. Anatole France nous rapporte l’amusante anecdote qui suit. Il fit cette rencontre lors de son séjour à Saint-Valery, il y a quelque trente ans.
Extraits de "Saint-Valery-sur-Somme à la Belle Epoque" (ouvrage collectif).
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