Les habitants citaient leur port comme l’un des plus importants du royaume par sa situation : il était le moins éloigné de Paris ; c’était par lui seul, « à l’exclusion de tous autres » que les marchands du royaume tiraient leurs draperies, drogueries et épiceries. La prompte expédition du bureau des fermes permettait de faire passer ces marchandises en trois jours à Paris, « d’où elles se distribuaient dans les autres villes et provinces voisines ». Ce port voyait passer au bas de son quai la rivière de Somme, « à la faveur de laquelle on fait remonter, avec toute la diligence possible, dans des gribannes, les marchandises destinées pour toutes les villes de Picardie ; d’où elles se distribuaient dans la Champagne, le Soissonnais, les duchés et comtés de Bourgogne ». Il recevait un nouvel accroissement d’avantages « par la perfection du canal de Picardie », grâce auquel « les commissionnaires de Saint-Valery vont faire passer par l’eau leurs marchandises jusques dans Paris ; et, par ce même canal, pourront aussi descendre toutes celles qui destinées pour la sortie du royaume ». Son entrée était facile, aussi bien que sa sortie : « les vaisseaux y sont à l’abri des vents, ce port a d’ailleurs une rade excellente appelée « la fossé de Cayeux ».
Les habitants rappelaient orgueilleusement que si Guillaume, duc de Normandie, avait fait assembler à Saint-Valery, en 1066, « plus de mille batimens » c’est que ce prince « n’avoit pas pu trouver dans ses états de Normandie un ports aussi commode pour son expédition ».