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Arbre remarquable en forêt de Crécy-en-Ponthieu : les Frères ennemis
En vérité, le temps des adresses et des suppliques étaient passé et c’est avec des scies et des cognées que les habitants de Beauval réglaient le problème. Le 11 octobre 1790, le ci-devant seigneur de Beauval présentait devant le Directoire du Conseil Général du Département un mémoire dans lequel il se plaignait « des délits commis sur les plantations qui lui appartiennent » : 70 arbres environs avaient été coupés avec la complicité tacite de la municipalité qu’il accusait de « n’avoir pas pris les mesures nécessaires » pour faire cesser ces délits. Le Directoire du Département fit la grosse voix et fit savoir qu’« il sera fait défense à tout particulier de Beauval ou d’ailleurs de toucher aux arbres plantés par M. Bousquel ». Mais le mouvement défiait toute autorité : suite à une plainte déposée le 19 mars 1791, le greffier de justice de Beauval fait des perquisitions avec la municipalité, mais il consigne dans son rapport que « les délits se commettent la nuit », qu’il est impossible d’en désigner les auteurs et « que d’ailleurs il y avait du danger à approcher de trop près ». Les auteurs des délits étaient armés et ils humiliaient la force publique « qu’ils avaient soin d’avertir de leurs incursions par différents coups de fusils qu’ils tiraient préalablement ».
D’un rapport de gendarmerie daté de novembre 1791 il ressort que « la quantité d’arbres coupés et enlevés furtivement est d’environ 500 » pour la seule localité de Beauval.
La mise à mal des plantations seigneuriales, remarquables à Beauval par son ampleur et par sa durée, n’était pas un phénomène isolé dans la région.
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