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Origine de la ville de Montreuil

Montreuil-sur-mer, la cavée Saint-Florentin

 

Le nom primitif de cette ville est Bragum ou Braium, ce qui semble être le mot celtique Bray (marais), latinisé, et indiquer par conséquent que les premières habitations de Montreuil étaient situées dans la vallée de la  Canche ; mais suivant d’autres récits, on appelait Bragum, Bragaw, le château qui existait à Montreuil lorsque les Romains envahirent la contrée. Assiégé et pris par César, ce château s’appela Wiimaw, Wimax. Ces assertions ne sont appuyées d’aucun témoignage authentique ; mais la tradition parle d’un arc de triomphe qui aurait été bâti à Montreuil par les armées de l’empereur Claude et dont les derniers vestiges se seraient conservés dans une petite chapelle du nom de Jésus flagellé, qui existait encore sur la place de Saint-Saulve avant la révolution de 1789. On disait aussi qu’une tour octogone de l’église Notre-Dame était de construction romaine et qu’elle avait autrefois servi de phare (1).
Certes, il faut être circonspect à l’égard des traditions, mais la chétive bourgade qui existait au IXe siècle sur l’emplacement actuel de Montreuil, peut très bien être les restes des anciens établissements qui auront survécu aux dévastations des barbares ; rien de plus probable. Les environs de cette ville sont semés de débris antiques, et l’on ne saurait douter que la civilisation romaine n’ait régné sur ces bords.

L’existence d’un château qu’Hariulfe désigne sous le nom de Castrum Regium, se rattache également aux plus anciens souvenirs de Montreuil ; mais on ne sait rien de précis sur l’origine de cette forteresse. Il paraît certain cependant que le comte de Ponthieu, Helgaud Ier, vers l’an 850, construisit une muraille autour des habitations qui se trouvaient sur la montagne au sud-est du château. La ville, ainsi renouvelée, renferma dans son enceinte le monastère de Saint-Saulve, qui avait été transféré du bourg d’Ault.
Tels sont les faits qui paraissent prouvés. Quant au nom de Montreuil, Monstrolium, Monasteriolum, Monsterolum, etc., il provient évidemment du monastère de Saint-Saulve, Monasteriurn.
Hugues Capet ayant retiré Montreuil des mains du comte de Ponthieu, son gendre, dont il aurait pu craindre la trop grande puissance, cette ville devint l’un des domaines des premiers rois de la troisième race. Ils y possédaient un palais que D. Michel Germain a compris dans le catalogue des anciens palais de nos rois. Ces rois y avaient aussi un atelier monétaire. On a des deniers tout-à-fait nouveaux frappés à Montreuil-sur-mer. Il y a très peu de temps on ne connaissait aucune pièce royale de Montreuil antérieure à Philippe-Auguste ; maintenant on en connait une série presque complète, à commencer, suivant les uns, par le roi Robert en y comprenant peut-être son fils, Henri Ier, et quatre différentes dues à des rois portant le nom de Louis VI ; mais, selon d’autres, les monnaies de Robert et de Henri Ier n’ont pas été retrouvées ; celles qu’on leur attribue sont des deniers de Philippe Ier et de Louis VI. Il y avait encore à Montreuil, en 1339, un hôtel de monnaie dont le prévôt se nommait Bernard Poncin. Voilà pour l’histoire, voyons maintenant la légende. On a dit sérieusement qu’une espèce de cyclope, qui habitait les environs de Doullens dont il faisait un val de douleur, avait été forcé par César de quitter la contrée qu’il désolait depuis longtemps, et que ce monstre, qui n’avait qu’un œil, s’étant retiré dans le château de Braium, lui avait donné son nom : Monstre-œil.
Adrien de Valois avait trouvé une autre étymologie, non pas au nom de Montreuil, mais au nom primitif de Braium, Bragum. Il dit que le nom Bragum, vient de l’espèce de chiens de chasse, appelés en allemand Brachen, ou en français Braques, qui étaient fort en usage dans les forêts du pays.
Les armoiries de Montreuil sont d’or à deux fasces d’azur, au chef d’azur, chargé de fleurs de lis d’or.


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(1) Les anciens documents assurent, dit M. Harbaville, que dans les siècles voisins de l’ère vulgaire, la baie d’Etaples se prolongeait jusqu’à Montreuil et formait sous cette ville un port naturel dont le bassin avait à peu près la largeur de la vallée de la Canche, c’est-à-dire environ 600 mètres... Cette rivière, quoique plus resserrée au VIIe siècle, était encore alors beaucoup plus large qu’aujourd’hui, car les monuments de Sainte-Berthe nous apprennent qu’on y naviguait à la voile en 694. (Mémorial historiq. du Pas-de-Calais, t. II, p. 154. 156.)

Extrait de :

 

 

LE PAS-DE-CALAIS vers 1900

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