• Poutrincourt à Port-Royal, hiver 1610

     

    Hiver 1610, Poutrincourt, aventurier picard, fondateur de Port-Royal, sauve le Sagamos Membertou, chef de la tribu des Mi'kmacs...

    Poutrincourt à Port-Royal, hiver 1610

    Hébert, l'apothicaire de la colonie, reçoit des plantes d'un Indien :

    dans le canot fait d'écorces de bouleau une cargaison de fourrures pour le troc.

     

    Vers la fin de l’hiver, le Sagamos Membertou, déjà fort âgé, tomba malade.

    Suivant leur tradition, ses proches firent venir quelques Autmoins (Sorciers) qui après avoir examiné le patient exécutèrent quelques danses rituelles pour chasser le démon qui rendait malade le corps du chef. Pour aider à cette libération, l’un d’entre eux pratiqua même une incision au ventre du malade et suça le sang qui s’en écoulait. Le lendemain matin les Autmoins revinrent dans la tente. Constatant que leur intervention était restée sans effet, ils conclurent que Membertou était condamné à mourir.

    Les fils du grand chef pratiquèrent alors comme le voulait la coutume. On cessa d’alimenter le malade. On le revêtit de son plus beau manteau en peau de castor et on rassembla autour de lui ses objets les plus précieux (couteau, arc, pipe à pétuner etc.). On l’installa à demi couché puis tout à tour ses fils et ses amis célébrèrent, en les chantant, les grands actes de sa vie passée et le courage qu’il allait montrer face à la mort. Cela fait, on l’abandonna à son sort. Comme Membertou ne mourait toujours pas, on décida comme en pareil cas de lui jeter quelques seaux d’eau froide sur le ventre pour abréger son agonie.

    Cette forme d’euthanasie peut s’expliquer par les contraintes de la vie nomade qui est celle de ce peuple de chasseurs. En constants déplacements, ils ne peuvent traîner avec eux dans les bois, sur les lacs et les ruisseaux, des vieillards ou des malades.

    Croyant sa fin venue, Membertou, le premier Indien baptisé, demanda à Poutrincourt de venir le voir pour l’assister chrétiennement dans ses derniers moments. Le Picard rejoignit sans délai le campement Mi’Kmac, situé à quatre lieues de l’habitation de Port-Royal. Membertou confia à son ami qu’il ne voulait pas encore « aller à Dieu ». Poutrincourt le rassura et le fit transporter immédiatement dans son habitation. On le coucha dans un bon lit devant un bon feu. Le malade fut frotté énergiquement, dorloté et bien pansé. Hébert, l’apothicaire, lui fit prendre quelques médecines. Trois jours plus tard Membertou était debout, prêt à vivre encore cinquante ans. Depuis il raconte souvent cette guérison en louant son ami Poutrincourt et la miséricorde de Dieu tout en dénonçant la malice et le mensonge des Autmoins.

     

    Le livre : Poutrincourt, aventurier picard en Acadie

     

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