• "On dit souvent la terre picarde au lieu de Picardie" - P. Garnier

     

     

    "On dit souvent la terre picarde au lieu de Picardie" - P. Garnier

     

    PICARDIE  -  Pierre Garnier

    Format 20 x 29.5 cm - 200 pages        Pour en savoir plus sur ce livre...

     

    A propos de « Picardie » de Pierre Garnier

    On dit souvent la terre picarde au lieu de Picardie. Or Pierre Garnier ne cesse de parler dans son œuvre de la mer picarde : un lieu où les villages sont des ports, où les paysans sont des marins, où « les sources sont profondes de toute la mer ». Un lieu de toutes les genèses. Avec le poète, on a  l’impression en effet de voir émerger cette région comme sortant de la dernière glaciation qui a fait descendre le niveau des eaux. La Picardie de Pierre Garnier est un pays neuf, blanc comme craie, un pays « dans le siècle des siècles », ainsi qu’il aime le dire en souvenir de la formule entendue en latin pendant les messes de l’enfance. 

    Parmi les navires sur cette mer étale, il y a les églises, les nefs de Saint-Martin-aux-Bois, Berteaucourt-les-Dames, La Neuville-lès-Corbie, Mailly-Maillet où Adam et Eve sont poissons ; des nefs et des façades, des proues dont les statues aux têtes coupées font intervenir le soleil dans notre cercle ». 

    Parmi les hommes marins, il y a Boucher de Perthes qui fit entrer « dans les musées plus de religion que dans les églises ». Il y a saint Martin et saint Just, dont on ne sait pas dire quel est le plus saint des deux : Just, décapité comme les statues de l’église de Frémontiers, est toujours « à la recherche de sa tête », un peu comme saint Victoric au portail ouest de la cathédrale d’Amiens. 

    Puis il y a les oiseaux. Boucher de Perthes, le préhistorien, lorsqu’il prend un silex et que « le silex se met à battre dans sa main » est un ornithologue ; et, selon Garnier, « les pigeons [sont] paléolithiques ». Dans la volière picarde, ne pas oublier un petit passereau appelé troglodyte mignon. Ne pas oublier non plus l’alouette, le rouge-gorge, le merle. 

    Et enfin, il y a la coque (le hénon comme je disais enfant). Plus modeste que la conque de Botticelli ou d’autres Titien(s), la coque de Pierre Garnier évoque la même éternité, la même fécondité. Elle est l’origine du monde dans ce texte comme dans beaucoup de pages du poète (lisez Ce Monde qui était deux où Garnier fait du mot huître le synonyme de monde). Elle est «un point dans l’éternité» comme la tête égarée de saint Just ; elle est le pays picard, la mer picarde où les batteuses sont montées par des marins. 

    Jean-Louis Rambour

     

     

     

     

     

     

    « Cachés dans un puits pendant la Grande Guerre

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