• La vigne en pays laonnois

    La chanson du Silène.

    Et le Silène chantait chemin faisant...
    « A l’orée du XIVe siècle, les prix des clos ont dépassé de six à dix fois ceux des terres à labours. C’est qu’en pays laonnois le commerce file un train de courrier au rythme des charrois montant vers les Flandres et le Hainaut. Dès le IXe siècle, les abbayes et les évêchés des pays du Nord, passent commande ferme aux viticulteurs des environs de la Montagne Couronnée. Les vins atteignent la Flandre et le Hainaut par des routes plates, larges, bien entretenues et bien fréquentées sur lesquelles, mystère, les crus se bonifient. Avec l’épanouissement économique des villes du Nord au XIe siècle, la viticulture locale gagne en qualité et en quantité, et à côté des puissants seigneurs du vin, peut naître, discrète et on ne peut plus pragmatique, la viticulture populaire. L’apogée n’est plus ce qu’elle était puisque le mauvais vin des pauvres est toléré. Trop de prospérité : l’attention se relâche et le sort en prend ombrage. Le voici tirant son maudit tarot sur les coteaux.
    En 1316, des moussons anéantissent les récoltes. En 1348, la population est décimée par la peste. On ne vendange plus. En 1372, le gel détruit les vignobles. En 1408, c’est la grêle qui se charge du désastre et de 1416 à 1419, voici la guerre. Les maraudeurs du duc de Bourgogne détruisent les villages, vignes et caves. En 1480, été chaud et sec : point de récolte. Suit un hiver vertigineux : les vignes sont tuées. Les chaleurs brûlent à nouveau le raisin en 1540 et 1544 et pour faire bonne mesure de calamité, Huguenots et Ligueurs remplacent les Bourguignons aux pillages des vignobles. Terre brûlée.
    Henri IV rétablit la paix. La civilisation vinicole se relève des terrifiantes bondieuseries. Il faut qu’elle soit vivace dans l’âme du pays pour renaître au XVIe siècle. De nouveau la prospérité, sauf qu’à l’horizon du nord se profile une concurrence inattendue. Les clients traditionnels achètent du vin à moindre prix aux armateurs hollandais qui l’ont embarqué à Bordeaux ou en Gironde tandis qu’une réglementation royale et protectionniste interdit aux tavernes parisiennes d’acheter du vin à plus de 20 lieues à la ronde du Louvre. »

    La vigne en pays laonnois         

    Les vendangeoirs... maisons aux charmes discrets.

    Il y avait des châteaux-vendangeoirs, des abbayes-vendangeoirs : Saint-Vincent de Laon, Cuissy, etc., des prieurés-vendangeoirs : Corbeny, des presbytères-vendangeoirs, des vendangeoirs bourgeois et de modestes maisons vigneronnes...
    Maxime de Sars recensa plus de trois cents vendangeoirs dans le pays laonnois. Il s’agit bien d’un empire. A l’origine, vers le XVIe siècle, le vendangeoir ne représentait que la pièce où on pressait le jus de raisin. Et rien d’autre. Toutefois nous tirerons le vin qui nous intéresse des figures de réthorique, de la métonymie, du signe pour la chose signifiée. Dans les celliers de jadis se pratiquait la vinification. On les appelait donc “vendangeoirs”, puis avec l’usage du temps, le terme s’est étendu à l’ensemble des bâtiments d’une propriété vinicole. Chose on ne peut plus curieuse aux regards des notaires, la généralité du mot “vendangeoir” ne serait apparue qu’au moment où la vigne périclitait à la fin du XVIIIe siècle, quelques années avant la Révolution.

     La vigne en pays laonnois

     

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