• Amiens, le quartier Saint-Leu et son poète

    Quelques pas sur le parvis, légère descente vers la Ville Basse, vous entrez dans le royaume de Saint-Leu, celui des laborieux, des ouvriers et artisans qui ont œuvré pour que Notre-Dame  nous soit transmise en bon état.
    Une passerelle facilement enjambée, un filet d’eau.
    Vous cherchez d’autres périphrases utilisées dans les guides touristiques pour désigner l’endroit ; la Cité Lacustre, la Venise du Nord, le Vieil Amiens...
    Que reste-t-il du pittoresque ? De nombreux canaux ont été comblés, les moulins engloutis.
    Disparus aussi les petits métiers, le Pont Piperesse, le quartier des huchers.
    Marcel Proust souligne cette “joie du Picard” à tailler dans le bois, dans le chêne des forêts de l’Oise ; les compagnons ébénistes ont au début du XVIe siècle sculpté les quelques trois mille quatre cents personnages profanes ou religieux des stalles de la cathédrale.
    Rue du Hocquet, rue des Bondes.
     

    Amiens, le quartier Saint-Leu et son poète

    Amiens, quartier Saint-Leu, rue des Coches.


    Un certain poète Edouard David y est né en 1863, le chef de bureau de la Préfecture a chanté Saint-Leu. Voilà ce qu’il dit sur son quartier :
    « Les rues étroites des Bondes, des Hautes Cornes et du jardinet formaient le quartier en question dans lequel se trouvaient deux cours et une place formée par raccroc de l’effondrement de quelques maisons - maisons, c’est beaucoup dire : il s’agissait de cassines bizarres, alignées de façon plus bizarre encore.
    La population comprenait tout ce qu’Amiens comptait de mendiants : borgnes, aveugles, éclopés. Ce qu’ils récoltaient était mis en commun. »
     

    Edouard David

     Amiens, le quartier Saint-Leu et son poète

    Edouard David dans son jardin.  (Dessin  : J.-M. Agricola)

     

    Dans une étude sur le personnage, le poète Pierre Garnier souligne l’appartenance d’Edouard David au “quartier des pauvres”, à Saint-Leu qu’il chante dans son dialecte, son attachement à la mère également qui lui a transmis l’âme des lieux, la langue des siens par la tradition orale, celle dont il cherche à retrouver la beauté, du temps de sa jeunesse, à travers les traits de la Vierge Dorée.
     « Or cette beauté, cette jeunesse que je n’entrevoyais, dans les traits vieillis de ma mère, qu’à travers le prisme de l’illusion, mon âme d’enfant allait les chercher, les trouver dans celle de la bonne Dame. Elle m’apparaissait non pas comme une statue mais comme une réalité vivante.
    Dès que l’occasion se présentait - tel l’oiseau auquel par mégarde on a laissé entrouverte la porte de sa cage - je me sauvais et courais me poster, quelquefois une heure durant, devant la Vierge à la robe dorée. »
     

    Edouard David,
    Souvenirs et impressions

     

    Deux livres à découvrir :

    - Guide de lectures et randonnées au Pays de Somme ;

    - Edouard David, poète picard.

     

    « La Côte picarde en 1870Conty, Heilly, Bayonvillers. »

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