• La Ferté-Milon d'après d'anciennes gravures     La Ferté-Milon d'après d'anciennes gravures

     

     

     

     

     

    Vue du château de La Ferté-Milon.                                                        

     

                                                                                                                       Ancienne Chapelle de Saint-Waast.

     

    La Ferté-Milon d'après d'anciennes gravuresLa Ferté-Milon d'après d'anciennes gravures                                      

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ancienne vue du faubourg.

     

     

                                                                                                                                                      Dans les ruines du vieux château.

     


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  • Elle occupe un vaste hôtel bâti en 1861 au milieu d’un beau parc par Arthur Foucques d’Emonville, botaniste. La propriété fut vendue à la ville en 1880.

    La bibliothèque municipale d'Abbeville

    Aujourd’hui, le parc ouvert au public compte plus d’une dizaine d’espèces d'arbres rares parmi lesquelles le lurlidendron tulipefera ou tulipier de Virginie, le taburnum alpineum, le liquidambar styraciflera, le ginko Bibola, le séquoïa gigantem originaire de Californie, le cèdre du Liban, également des espèces européennes.
    Une grande partie des arbres ont plus de 150 ans. Dans l’hôtel particulier, la ville installa successivement le musée d’Abbeville et du Ponthieu, la mairie pendant la Seconde Guerre mondiale, puis la bibliothèque municipale, l’une des plus anciennes de France.
    Cette dernière abrite une importante collection de manuscrits, d’incunables et de remarquables témoignages iconographiques sur l’Abbeville d’autrefois et sa région.

     

    Deux livres à découvrir :

    "Bibliographie de la Picardie maritime, de 1900 à 2000"

    Les hôtels particuliers d'Abbeville et autres bâtisses remarquables

     

     


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  • A Rouen, ville capitale du Duché, on a voulu donner une sorte de surnom qui la peignit définitivement : Hugo en avait fait la « Ville aux cent clochers » ; le XXe siècle a consacré la « Ville-Musée », et cela est juste, car nulle cité ne présente au monde tel ensemble, telle juxtaposition de merveilles : ici une église, là un vieux logis, tout près un site charmant fait de dix vieilles demeures pittoresques et vétustes, ou quelque coin harmonieusement composé par cet incomparable artiste qui se nomme le Temps.
    Le Rouennais a si bien pris l’habitude de circuler parmi cet amoncellement de trésors, qu’il ne s’en émeut plus ; nul mieux que lui ne sait cependant comprendre que le visiteur puisse s’arrêter, s’extasier ; il sait la valeur de ce patrimoine, mais pourquoi faut-il qu’il ait laissé, pendant tout un siècle, la pioche et le cordeau faire leur œuvre néfaste au cœur de la cité ?

    Rouen, vers 1930, ville-musée.

    Rouen, la rue de la Grosse Horloge.


    Ce qui survit, heureusement, est immense et magnifique ; Rouen demeure la capitale des maisons de bois et la patrie des nefs de pierre ; nulle ville n’en est aussi riche ni plus fière.
    Or cela, c’était le domaine du passé et Rouen ayant aussi quelque droit de s’enorgueillir du présent, la Ville-Musée accueille sans déplaisir – bien au contraire – l’idée d’un écrivain connu qui a fait d’elle la « Ville complète » (André Maurois).
    Et certes elle l’est ! Rien n’y manque, aucune absence n’y choque, non plus que rien n’y frise l’exagération. Normande avant tout, Rouen est pondérée et de solide équilibre : à un passé splendide, à des fastes glorieux, elle confronte le merveilleux essor de son port, de son commerce, de son industrie.
    Autour d’une sorte de « Vieux Rouen », noyau au cœur de la ville moderne, cité-mère qui a gardé intact son visage de bonne petite vieille ridée et souriante, des quartiers neufs se sont créés, pour ainsi dire en cercles concentriques et qui chaque année s’élargissent.
    Là, les usines dominent ; ailleurs, tout est subordonné à la vie maritime, plus loin règne la cotonnade et au-delà, les maisons escaladent les coteaux. Chaque quartier semble s’être spécialisé, et le Rouen d’aujourd’hui est fait d’une multitude de Rouens divers, dont chacun répond à une utilité, à un besoin économique, ou parfois même à un sentiment.
    Rouen, c’est en somme le point, le lieu géométrique où finit la mer et où commence ce que l’on a pu appeler « la Seine de Paris » ; c’est un lieu de transit plus encore que de trafic.
    Et c’est un peu aussi comme la demeure d’un chef de commerce ou d’industrie de haute envergure, qui garderait au cœur de son logis quelque pièce familiale où il célébrerait le culte des ancêtres, conserverait des souvenirs très chers et accueillerait tous ceux que sauront toujours émouvoir la beauté et un glorieux passé.
    Par une fenêtre ouverte vers l’ouest, il aperçoit des mâts de cargos et l’ossature des grues géantes, mais par la baie qui s’ouvre sur l’orient, il vous montre la flèche d’une cathédrale, et dix clochers, et le peuple infini des vieux toits : car c’est tout cela, Rouen !

    Charles Brisson.

     


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  • Il convient avant tout de préciser que la majorité des recettes picardes sont nées en milieu rural, qu’elles ont été créées par des gens pauvres, soucieux d’améliorer avec peu leur quotidien.
    Jadis, la base de la nourriture des Picards était le pain. Le pain accompagnait toute leur alimentation, c’est à la ration de pain que l’on prévoyait le nombre de bouches à nourrir.
    Le porc apportait pratiquement toute la matière grasse consommée, élevé avec les déchets, il accommodait les légumes du jardin.
    Presque tous les produits étaient cultivés, élevés ou trouvés sur place. On achetait le minimum.
    La misère des campagnes escortait les pratiques culinaires, ne proposant à la cuisinière que relativement peu de choix, elle imposait simplicité aux membres de la famille.
    Ainsi, à la fin du siècle dernier, pour nombre de Picards, c’était encore dans un chaudron de cuivre pendu dans la grande cheminée que l’on faisait la cuisine, et c’était dans ce même chaudron posé sur une chaise que chacun puisait directement sa part à l’aide d’une cuillère de bois ou d’étain.
    Les menus des jours de fête, eux, étaient généralement tout autres. Sans doute par opposition aux habitudes et aux manques, on ne se privait pas alors de soupe au bœuf, lapin aux pruneaux, gâteaux battus et autres festins souvent plantureux.

     

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  • Il est un film avec Marlon Brando assez saisissant, et pour cause. Sur les premières images, on y découvre le monstre sacré coiffé d’une casquette à la Gavroche aux commandes de sa Harley Davidson. Provocateur, sous sa belle gueule d’ange, il trace sa route au beau milieu de la chaussée. Derrière lui une horde de motards, organisée en “V”, à la manière des oies sauvages. Le tout dans un nuage de poussière et dans la pétarade des tuyaux d’échappement. Marlon Brando, dans ce film, ne semble guère se soucier de ce qui pourrait arriver en face de lui. Mais il est vrai aussi qu’aucun véhicule ne pouvait avoir décroché auprès du metteur en scène le droit de s’engager à contresens… Parce qu’il semble clair que si cela eût été possible, le choc était inévitable et, bien qu’il s’agisse de Marlon Brando, le résultat de cet échange musclé n’eût guère fait de doute. Mais ce n’était
    qu’un film, bien sûr… Et les vedettes de cinéma, devant les caméras, ne risquent vraiment pas grand chose à rouler les mécaniques.

    "L'Equipée sauvage" de Grand Jules


    Jules ne faisait pas de cinéma, lui. En guise de casquette, il avait son chapeau enfoncé jusqu’aux yeux. Il est vrai qu’il n’a jamais accepté le port du casque, bien qu’obligatoire. Avec son chapeau, il était en sécurité, disait-il. Il tenait, lui aussi, le milieu de la chaussée. Son escorte, composée d’individus d’âge avancé, zigzaguait à l’arrière dans une belle pagaille. Jules ouvrait le chemin et, en général, c’était un surnommé “Popaul” qui fermait la marche. C’était aussi  “Popaul”, par conséquent, que l’on perdait le plus souvent, d’abord, et c’est une évidence,  parce que personne ne pouvait s’apercevoir de ses appels au secours ; et ensuite à cause des fréquents ratés de sa Mobylette, des pannes sèches à répétitionou des multiples crevaisons dont il était victime, plus souvent qu’à son tour…
    La différence entre Marlon Brando et Jules, c’était l’absence de caméras, évidemment, et l’autorisation qu’avaient les voitures de circuler à contresens. Alors, les écarts de dernière minute, les fossés et les talus attaqués de long ou de travers, les injures et les poings brandis étaient monnaie courante. Mais, finalement et par quel miracle, il n’y eut jamais d’accident grave à déplorer. Grand Jules aimait rendre visite, avec ses amis, à sa famille, du côté du Transloy. Un tel voyage ne pouvait bien entendu se faire d’une seule traite. C’était donc dans les cafés que les voyageurs se réchauffaient les mains et les pieds. C’était aussi dans ces cafés que chacun payait sa tournée : vin rouge, vin blanc, rosé. Popaul buvait modérément. A plusieurs reprises il avait eu maille à partir avec la police, à cause de l’alcool justement. Il le supportait bien, pourtant. Mais c’était lui que les autres supportaient moins lorsqu’il avait bu quelques verres de trop. Et puis les voyageurs repartaient, jusqu’à la prochaine étape…
    Arrivés à destination, le neveu ou la nièce à qui Jules avait subitement eu envie de rendre visite, devait faire un peu de place pour accueillir un si grand nombre d’individus. Deux bouteilles ne suffisaient pas à étancher la soif de tous ces gens, sans parler des gâteaux dont les affamés se repaissaient sans modération. Difficile de toujours garder le sourire.
    Il est probable d’ailleurs que l’accueil ne fut pas toujours des meilleurs et que des membres de la famille en question firent, parfois, le choix de jouer les absents et de prier derrière leur porte d’entrée pour que la horde d’assoiffés aille porter son dévolu vers des contrées plus lointaines. Jules ne s’offensait en rien. Il trouvait assez facilement un autre point de chute et puis, quelques heures plus tard, il revenait. Et là, il fallait ouvrir. On ne se fâche pas avec un membre de la famille pour si peu.
    Une fois, sur le chemin du retour, à la nuit tombante, Jules, tous feux éteints, coupa net la nationale 17, à hauteur de Péronne. Il avait une longueur d’avance sur la horde. Les gendarmes, en embuscade un peu plus loin, lui firent signe de se ranger sur le bas-côté. Il leur fallut d’abord s’écarter pour ne pas être renversés par un Jules lancé à pleine allure. Et puis les discussions allèrent bon train. Et le casque ? Et les lumières éteintes ? Et le stop? Et cette bouche pâteuse, et cette odeur de vin ? Jules prit ce soir-là la mouche. Non mais, de quoi l’accusait-on au juste ? Qu’insinuait-on ? Arrivèrent ensuite les seconds couteaux. Ils coupèrent eux-aussi la nationale 17, faisant fi du panneau hexagonal qui leur intimait, rouge sur blanc, l’ordre de stopper. Trop, c’était trop. Les deux gendarmes firent rempart de leurs corps bras en croix pour tenter d’arrêter là les irraisonnés. Devant le régime des moteurs qui ne semblait guère décidé à baisser d’un ton, ils eurent juste le temps de s’engouffrer dans l’estafette. Jules ouvrit lui aussi les gaz et fit signe au revoir de la main en direction dudit véhicule.  Avec sa Mobylette surpuissante, il n’eut aucun mal à rattraper ses hommes et à reprendre la tête des opérations.
    Avant de regagner le Ronssoy, la horde sauvage s’arrêta chez “Papa Schultz”, le petit café de Templeux le Guérard. Là, ils éclusèrent les derniers verres de la soirée et commentèrent abondamment la tentative d’intervention de la gendarmerie. Ils rirent comme seuls savent rire des hommes à qui l’on n’a rien à reprocher. “Papa Schultz” paya sa tournée et fit remarquer à tous que c’est avec l’argent du contribuable que sont payés les gens de la gendarmerie. Pour cette raison, ils se doivent, ces gens-là, de laisser une paix royale aux vrais citoyens et de mettre les bouchées doubles afin de plutôt s’attaquer aux fauteurs de trouble. Le problème des gendarmes, et c’était un problème vieux comme le monde, c’était de ne pas savoir faire la différence.
    Les voyageurs, en général, finissaient leur troisième ou quatrième dernier verre puis reprenaient comme ils pouvaient la direction du Ronssoy. Arrivés là, c’était chacun pour soi. Il fallait sans encombre retrouver sa maison, sa femme… et son lit.

     

    Le livre "Grand Jules" de Philippe Crognier

     

     


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